Les brèves de l'ASEF du 25 octobre 2018

Bonjour à toutes et à tous,

Nous allons revenir sur l’actualité majeure de cette semaine :

Plus vous mangez bio, plus vous diminuez le risque de cancer : 25% de moins de cancers chez les consommateurs d’aliments « bio »

Voici un résultat qui devrait convaincre les « bio-sceptiques » !

Une étude épidémiologique, publiée dans le « Journal de l’association médicale américaine « JAMA » [1] le 22 octobre 2018, menée par une équipe de l’INRA, l’INSERM, l’Université Paris 13 et CNAM auprès de 68 946 participants de la cohorte française « NutriNet-Santé », a montré une diminution de 25% du risque de cancer chez les gros consommateurs d’aliments bio (plus de 50% des aliments), par rapport à ceux qui en consomment le moins.

Cette nouvelle étude de l’INRA lancée en 2009, sur 7 années, a enregistré 1340 nouveaux cas de cancers validés par dossiers médicaux. Les résultats sont encore meilleurs avec certains types de cancers. On note notamment une diminution de 34% du risque de cancer du sein chez la femme ménopausée et une diminution de 76% du risque de lymphomes. Ces résultats sont cohérents avec les cancers que l’on a identifiés comme risques potentiels dûs à l’exposition professionnelle aux pesticides tels les lymphomes.

La présence de résidus de pesticides synthétiques ainsi que des teneurs potentiellement plus basses en certains micronutriments dans les aliments issus de l’agriculture conventionnelle pourraient expliquer ces résultats.

Jusqu’à présent, trop peu d’études avaient documenté le lien entre cancer et alimentation “bio” en durée, en nombre et en source d’alimentation “bio” . On notait seulement en 2014 une étude menée en Angleterre sur 623 000 femmes et parue dans le « British Journal of Cancer » qui montrait une réduction dès 9 ans des lymphomes non hodgkinien. [2]

Pour répondre à la question fréquente : est-ce que le “bio” est réellement “bio” ? Voici quelques chiffres :
Selon un rapport publié en avril 2018, l’EFSA (European Food Safety Authority), l’autorité européenne de sécurité des aliments, les produits conventionnels contiennent dans 44.5% des cas 1 ou plusieurs résidus de pesticides contre 6.5% pour les produits bio mesurables.[3]

Une étude australienne et nouvelle-zélandaise a montré qu’en mangeant “bio”, les dosages urinaires de dialkyl phosphate, métabolites de pesticides organophosphorés étaient réduits de 90%. [4]

On rappellera que les liens entre pesticides et certains cancers sont avérés (Rapport de l’INSERM en 2013 : « pesticides -effets sur la santé »), notamment pour les LNH ++, Myélome++, Prostate++, Leucémie+, Testicule+, Mélanome+, Tumeur cérébrale + et chez l’enfant en cas d’exposition pendant la grossesse: Leucémie, tumeur cérébrale. [5]

Conclusion des auteurs de l’étude de l’INRA : “cette étude mérite d’être confirmée; promouvoir l’alimentation “bio” dans la population générale pourrait être une prometteuse stratégie de prévention des cancers . [1]

Comme on estime que 1 homme sur 2 et 1 femme sur 3 aura un cancer avant 80 ans, on mesure l’importance de cette piste de prévention!

Passons aux perturbateurs endocriniens avec l’URPS ML PACA (Union Régionale Professionnels de Santé médecins libéraux). Nous avons mis en ligne le guide complet à l’usage des médecins libéraux: “Comment protéger mes patients de la contamination chimique et des perturbateurs endocriniens[6]

L’ASEF et l URPS ont étroitement collaboré à sa réalisation ; c’est un élément simple et synthétique afin de se familiariser avec la contamination chimique et les perturbateurs endocriniens. De nombreuses unions régionales de médecins en France se font le relais de ce document important.

Avant de clôturer ces brèves, faisons un bref retour des dernières interventions de l’ASEF :

Le vendredi 12 octobre, Dr Souvet, cardiologue et Président de l’ASEF, s’est rendu aux conférences « Fraternités et Eco-Logis », à Aix-En-Provence, pour y parler de santé environnementale.

Strasbourg se mobilise sur les questions de santé environnementale puisque Dr Jacques Reis, professeur conventionné à l’université de Strasbourg, neurologue et représentant l’ASEF, est intervenu le 19 octobre lors d’une soirée débat pour le lancement de l’atelier « zéro perturbateur endocrinien ». Et enfin le mardi 24 octobre, Dr Souvet a donné une visioconférence, à l’ADEUS (Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération strasbourgeoise) pour sensibiliser les acteurs de l’urbanisme aux bienfaits de la nature en ville sur le plan de la santé.

A bientôt pour les prochaines brèves, d’ici là portez-vous bien !

Le Club des 11 de l’ASEF

SOURCES

[1] https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/fullarticle/2707948

[2] https://www.nature.com/articles/bjc2014148

[3] http://www.efsa.europa.eu/en/supporting/pub/en-1397

[4] Oates L, Cohen M, Braun L, Schembri A,Taskova R. Reduction in urinary organophosphatepesticide metabolites in adults after a week-longorganic diet. Environ Res. 2014;132:105-111.doi:10.1016/j.envres.2014.03.021

[5] http://www.ipubli.inserm.fr/handle/10608/4819

[6] http://www.urps-ml-paca.org/?page_id=2400