27 juillet 2018

Avis du Comité Economique Social et Environnemental: "La nature en ville, comment accélérer la dynamique?"

Le 11 Juillet 2018, le CESE (Comité Economique Social et Environnemental) a adopté son avis intitulé: “la nature en ville, comment accélérer la dynamique?”.

Dans un monde toujours plus urbain où les villes s’étendent au détriment de la nature, créant une érosion de la biodiversité, il est urgent de “renaturer” (terme utilisé par Annabelle Jaeger, Rapporteure de cet avis et consultante Environnement- Biodiversité et Vice-Présidente de la Fondation pour l’Homme et la Nature ) ces villes de demain.

En 2050, nous serons 75 % à vivre en zones urbaines; ces dernières étant responsables de déjà deux tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Les conséquences de ce réchauffement climatique sont particulièrement palpables dans nos villes. Luc Abbadie, professeur d’écologie à Sorbonne Université, rappelait que « la température dans les centres-villes était entre 2 et 4°C supérieure en moyenne par rapport aux zones rurales environnantes; phénomène contribuant ainsi aux surmortalités constatées lors de périodes de canicules ».

Bénéfices de la nature sur la santé

Dr Souvet a été interviewé à ce sujet. D’après lui, les politiques visant à accroître la végétation peuvent offrir des possibilités d’activité physique, de réduction des expositions aux polluants, favoriser l’engagement social et améliorer la santé mentale”.

Pour illustrer ses propos, il s’appuie sur une étude conduite aux Etats-Unis, sur 108 630 femmes suivies pendant huit ans, pour examiner l’association entre résidence à proximité d’un milieu vert et mortalité.  Les conclusions sont significatives puisqu’un taux de mortalité inférieur de 12 % pour les femmes vivant à moins de 250 mètres d’un espace vert par rapport à celles qui en sont plus éloignées a été démontré.

Concernant la santé mentale, l’exposition aux espaces verts diminuerait le taux des maladies mentales telles que la dépression, l’anxiété ou le stress. L’impact positif “sur la santé et le bien-être des jardins thérapeutiques comme ceux situés dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EPHAD)” est démontré.

De plus, le « trouble déficitaire de la nature » , nouveau trouble du développement identifié, désigne “une déconnexion avec le monde naturel et l’usage de plus en plus important des médias électroniques”.

Impact de la “renaturation” sur la pollution de l’air

Le CESE rappelle que “la nature en ville, sous toutes ses formes (faune, flore, eau, air, sol)” permet “la réduction de la pollution atmosphérique, la séquestration du carbone”.

La végétation joue “un rôle de filtration et de capture des particules atmosphériques et des polluants (fixation des métaux lourds)”. Le CESE cite des études réalisées à Shanghai qui “ont mesuré des effets certes faibles mais bénéfiques : taux de capture des particules fines de 10,9 % et absorption de dioxyde de soufre de 5 %”. Ajoutons qu’“un arbre à maturité peut piéger jusqu’à 20 kg/an de particules”.

La préservation et la reconquête de la biodiversité, un défi majeur

D’après le CESE, “les défis immenses que constituent la perte de la biodiversité, la mauvaise qualité de l’air ou de l’eau, l’artificialisation des sols, la pollution lumineuse ou encore les questions de santé environnementale qui sont au cœur des enjeux urbains, n’apparaissent pas comme des priorités d’action tant au niveau national qu’aux niveaux régional et local”.

Le Comité dans sa proposition n°8, préconise “d’élargir le champ des recherches en France sur la biodiversité comme par exemple le lien santé-nature en ville”.

En conclusion, le CESE invite les pouvoirs publics à “prendre des décisions permettant le développement d’une nature efficiente sur le plan de la biodiversité, de la santé humaine, du bien-être et de la lutte contre les effets du réchauffement climatique”. “Des décisions politiques volontaristes, doivent être prises à toutes les échelles de gouvernance, afin de réconcilier « nature et ville » au profit de leurs habitantes et habitants”.

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