Les brèves de l'ASEF du 07 décembre 2018

Bonjour à toutes et à tous,

Au menu de ces brèves : nous parlerons des plastiques, de la condamnation d’un navire de croisière pour pollution de l’air (une première en France), des conséquences humaines du réchauffement climatique, de la naissance du « collectif santé environnement 74 » dont Richard et Cathy Faitg, membres actifs de l’ASEF, font partie et de l’Appel des coquelicots. Bonne lecture !

Les plastiques envahissent notre environnement mais pas que…

Comme le montrent une étude menée par des homologues européens de la revue Que Choisir [1], et une récente étude de chercheurs de l’Université de médecine de Vienne et de l’Agence de l’environnement en Autriche [2], nous retrouvons des microplastiques dans notre assiette… et jusqu’à nos intestins. La première étude montre que deux tiers des échantillons de sel, mollusques et crustacés sont contaminés par les microplastiques. La deuxième étude autrichienne a, elle, démontré la présence de microplastiques et jusqu’à neuf types de plastiques différents dans chaque échantillon de selles  (participants du monde entier). Le chercheur principal, Philipp Schwabl, rapporte : « Ce que cela signifie pour nous et en particulier pour les patients atteints de maladies gastro-intestinales, est particulièrement préoccupant […] les plus petites particules microplastiques sont capables de pénétrer dans le sang, le système lymphatique et peuvent même atteindre le foie ».

Un navire de croisière condamné

C’est une première en France car le capitaine et l’armateur de l’ « Azura », navire de croisière du groupe américain Carnival, ont été condamnés à une amende de 100 000 euros, par le tribunal correctionnel de Marseille, pour avoir utilisé un carburant trop riche en soufre. Celui-ci étant 1.68% supérieur à la norme anti-pollution fixée à 1.5%. Il faut rappeler qu’un bateau de croisière consomme en moyenne 2 000 litres par heure en mer et 700 litres à quai, ce qui représente l’équivalent d’un million de voitures. « Selon les travaux de l’université de Rostock, les émissions du transport maritime seraient ainsi responsables chaque année de près de 60 000 décès prématurés et coûteraient environ 58 milliards d’euros en dépenses de santé (maladies respiratoires et cardio-vasculaires) à l’échelle de l’Europe » .

Conséquences du changement climatique

467, c’est le nombre de façons différentes dont l’humanité a subi les conséquences du réchauffement climatique ; telle est une des conclusions de l’étude que vient de publier le 19 novembre la revue Nature Climate Change. [3]

Cette étude, à partir des travaux d’une vingtaine de chercheurs internationaux qui ont analysé près de 3300 publications depuis 1980 relatives au changement climatique, montre que l’humanité a déjà été affectée par le climat sous 467 formes différentes ; ils ont retenu 10 aléas climatiques (sècheresse, changement de couvert végétal, réchauffement, vagues de chaleur, tempêtes, précipitations, inondations, incendies, montée du niveau des mers et altérations des océans) et 6 aspect cruciaux de la vie humaine : santé, alimentation, eau, économie, infrastructures et sécurité. Les 3 premiers nous intéressent particulièrement, concernant et influençant directement la santé. Le croisement de toutes ces données permet de constater en particulier les faits suivants

La mortalité est affectée par tous les aléas climatiques excepté la montée du niveau de la mer.

Il en est de même pour la fréquence des maladies dont il faut souligner celle des affections à transmission vectorielle affectées par les paramètres de réchauffement relativement «lent » (sècheresse, réchauffement) avec, par exemple, apparition de dengue, de chicungunya dans les pays tempérés,  ou plus rapides (inondations) avec survenue de leptospiroses.

La pollution de l’air, la malnutrition, en particulier chez les enfants, la contamination de l’eau, sa raréfaction sont enfin parmi les facteurs favorisés par le plus d’aléas « chroniques » tels que sécheresse, réchauffement, inondations ou plus « aigüs » tels qu’incendies, précipitations, tempêtes.

Enfin ces aléas climatiques, d’autant plus qu’ils se répètent, favorisent une altération de la santé mentale, la survenue de dépressions, de suicides, et une morbidité certaine.

Bien entendu viennent s’y ajouter les retentissements sur la santé des modifications au niveau de l’alimentation (en particulier productivité et contaminations végétales comme animales).

Selon la modélisation de l’équipe de chercheurs, si les émissions de gaz à effet de serre continuent à évoluer comme actuellement (et les dernières mesures semblent montrer que c’est le cas), la moitié de la population sera soumise à la fin du siècle à 3 dangers climatiques simultanés d’intensité maximale (jusqu’à 6 pour les régions côtières).

Cette revue de la littérature montre « l’immense vulnérabilité de l’humanité au risque climatique » selon le chercheur Camilo Mora. [3]

“FAIRE PART DE NAISSANCE”

A l’occasion de la « Journée mondiale pour la qualité de l’air » du 19 septembre 2018, des professionnels de santé (professions médicales, pharmacie et auxiliaires médicaux) du département de Haute-Savoie ont annoncé la création du « Collectif Environnement Santé 74 » (CES 74).

Ce collectif rassemble les professionnels de santé qui s’engagent dans une démarche de défense de la santé et de la protection du vivant face aux risques environnementaux auxquels nous sommes tous confrontés. En effet, les catastrophes sanitaires liées à la pollution se découvrent les unes après les autres dans notre pays et de par le monde, et plus personne ne peut ignorer à présent les effets directs de la pollution sur l’Homme et son environnement.

Le collectif a pour objectifs :

  • De former les professionnels de santé à la prévention, au diagnostic et à la prise en charge des maladies liées aux multiples polluants environnementaux,
  • De soutenir d’une part, les initiatives citoyennes, les associations et les collectifs de défense de l’environnement en apportant une caution scientifique sur les enjeux sanitaires et, d’autre part, des stratégies de luttes contre l’ensemble des sources polluantes tout en faisant la promotion des alternatives possibles pour notre santé,
  • De sensibiliser l’ensemble de la population et leurs représentants aux risques sur la santé de la pollution de l’air, de l’eau et du sol et, leur apprendre à les limiter.

Le CES74 souhaite fédérer et favoriser l’engagement des professionnels de santé et, par ses actes protéger les populations des risques liés à la pollution.

Le CES74 est la représentation sur notre territoire de :

  • L’Association Santé Environnement France (www.asef-asso.fr) composée exclusivement de professionnels de santé, qui a pour objectif d’informer sur l’impact des polluants sur la santé, et de donner des conseils pour les éviter “Prévenir plutôt que guérir ». L’association travaille sur tous les sujets en lien avec la santé et l’environnement.
  • Santé Environnement Auvergne Rhône Alpes (https://www.sera.asso.fr) qui a pour buts de mener des actions en santé environnement, créer des synergies, mieux connaître, mieux informer, mieux prévenir toutes les pollutions et les effets sur notre santé.

Le CES74 rappelle que le 13 août 2018, pour la première fois, la Cour de justice de l’Union Européenne a jugé recevable l’assignation pour « inaction climatique » déposée le 24 mai contre le Parlement et le Conseil européens par dix familles originaires du Portugal, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Roumanie, du Kenya, de Suède et des Fidji. L’impact et le coût économique de la pollution sur la santé publique ne peuvent plus être ignorés.  

Nous appelons tous les professionnels de santé du département 74  à s’inscrire pour faire partie du collectif. Devenir membre du collectif c’est reconnaitre les valeurs inscrites dans notre charte, vous recevrez notre actualité et nos futurs projets !

La santé n’est pas négociable !

Contact :

collectifenvironnementsante74@gmail.com

https://www.facebook.com/CES74prosdesante/

Avant de clore ces brèves, nous vous rappelons que l’ASEF soutient l’Appel des Coquelicots qui organise 790 rassemblements dans toute la France ce soir devant les mairies. Vous trouverez les différents points de rendez-vous ici : https://nousvoulonsdescoquelicots.org/agir-ensemble/

Surtout, l’ambiance se veut bon enfant et conviviale autour d’un verre d’orangeade ou d’une bonne soupe ! Nous vous invitons à signer et à diffuser l’appel autour de vous : https://nousvoulonsdescoquelicots.org/l-appel/

Petit point agenda : Dr Claire Lhernould, médecin généraliste et nutritionniste, membre de l’ASEF, interviendra le 10 décembre au lycée Fernand Léger à Bédarieux (34) pour sensibiliser les élèves aux dangers liés aux smartphones.

L’ASEF sera présente le 13 décembre à Rennes au «colloque santé environnement : « Alimentation Bio & Santé, que sait-on des bénéfices en 2018 ? »  pour y parler d’une alimentation saine.

Nous vous invitons à vous inscrire au congrès « la médecine libérale en congrès », organisé par l’URPS ML PACA,  les 18 et 19 janvier 2019 au Palais du Pharo à Marseille dans lequel l’ASEF organisera des ateliers sur les perturbateurs endocriniens. Les inscriptions et le programme sont disponibles sur : http://carocomevents.fr/urps-ml-paca

A bientôt pour les prochaines brèves, d’ici là portez-vous bien !

Le Club des 11 de l’ASEF

SOURCES

[1] Mensuel Que Choisir n°572 – Septembre 2018 – p.50

[2] Schwabl, P. et al (2018), Assessment of microplastic concentrations in human stool – Preliminary results of a prospective study, Presented at UEG Week 2018 Vienna, October 24, 2018

[3] Article en ligne, “Broad threat to humanity from cumulative climate hazards intensified by greenhouse gas emissions”, Camilo Mora, Daniele Spirandelli, Erik C. Franklin et al., Nature Climate Change, 19 novembre 2018, https://www.nature.com/articles/s41558-018-0315-6