Cadmium : l’ASEF appelle à une action rapide face à une urgence sanitaire

Le 7 mai 2026, l’Association Santé Environnement France, présidée par le Dr Pierre Souvet, a adressé une lettre aux présidents des groupes parlementaires de l’Assemblée nationale afin de demander l’inscription prioritaire de la proposition de loi n°2678 visant à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation, portée par les député·es Benoît Biteau et Clémentine Autain.

Dans cette lettre, l’ASEF rappelle l’ampleur de la contamination au cadmium en France et les risques sanitaires désormais largement documentés par la communauté scientifique. L’étude EAT3 de l’Anses, publiée en janvier 2026, montre que 23 à 27 % des enfants français dépassent aujourd’hui la dose journalière tolérable en cadmium, contre 15 % en 2011.

Métal lourd cancérogène et toxique pour les reins, les os, le système cardiovasculaire, la reproduction ou encore le neurodéveloppement, le cadmium s’accumule durablement dans l’organisme. Les principales sources d’exposition proviennent d’aliments du quotidien comme les céréales, le blé ou les pommes de terre. 

L’ASEF dénonce également des seuils réglementaires encore trop élevés concernant les engrais phosphatés riches en cadmium. Alors que plusieurs pays européens appliquent déjà une limite de 20 mg/kg, la France prévoit actuellement une réduction progressive à 60 mg/kg en 2027, puis à 40 mg/kg en 2030, avant un objectif de 20 mg/kg seulement à l’horizon 2038, un calendrier jugé incompatible avec l’urgence sanitaire. 

À travers cette mobilisation, l’ASEF appelle les parlementaires à agir rapidement afin de mieux protéger la population, notamment les enfants, et à soutenir des solutions concrètes comme la réduction des seuils autorisés, le développement de pratiques agroécologiques et le renforcement de l’alimentation biologique dans les cantines scolaires.

Finalement, la proposition de loi a été retenue en 4ᵉ position pour la semaine transpartisane de l’Assemblée nationale, ce qui lui donne un peu plus de chances d’être débattue durant la semaine du 4 juin 2026. Une étape importante pour faire avancer la reconnaissance de cet enjeu majeur de santé publique totalement transpartisane, touchant tous les enfants et tous les français.