Les brèves de l'ASEF - 20 février 2026
Bonjour à toutes et à tous,
Au menu de ces brèves :
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Kit Cadmium : agir pour mieux se protéger
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La loi Duplomb c’est encore et toujours NON !
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Etude Alimentation Totale 3 : Des préoccupations persistantes pour les enfants
- SNANC : Comprendre la nouvelle stratégie nationale sur l’alimentation, la santé et le climat
- « Monsieur Cadmium » : Quand Pierre Souvet tire la sonnette d’alarme
Bonne lecture.
Retour sur nos prochaines activités
En ce mois de février, l’ASEF continue de porter haut son engagement en faveur de la santé environnementale. Cette période est l’occasion de mettre en lumière nos actions en cours, de partager les prochains temps forts et de proposer de nouveaux contenus pour poursuivre l’année de manière informée et engagée.
Kit Cadmium :
Agir pour mieux se protéger

Le cadmium est un métal lourd cancérigène, présent dans notre environnement quotidien, notamment via l’alimentation. En France, les niveaux d’exposition augmentent, touchant aussi bien les adultes que les enfants, ce qui en fait un véritable enjeu de santé publique.
Face à cette situation, les médecins libéraux et les URPS se sont mobilisés pour concevoir des kits Cadmium, pensés comme de véritables outils de prévention et d’accompagnement. Ils permettent de mieux comprendre les sources d’exposition, d’identifier les situations à risque et d’adopter des gestes concrets pour réduire l’exposition au quotidien.
L’ASEF soutient activement ce projet et accompagne la diffusion de ces ressources auprès des professionnels de santé et du grand public.
Un kit patient et un kit à destination des professionnels de santé sont disponibles sur notre site.
La loi Duplomb c’est encore et toujours NON !

ALERTE : LE RETOUR DE LA LOI DUPLOMB. LA SANTÉ À NOUVEAU MENACÉE.
Alors que son premier texte avait été partiellement censuré par le Conseil constitutionnel en août dernier, le sénateur Laurent Duplomb revient à la charge. Sa nouvelle proposition de loi vise à réautoriser deux pesticides neurotoxiques : l’acétamipride et le flupyradifurone.
À l’ASEF, notre position reste ferme : nous nous opposons à ce rétropédalage sanitaire et environnemental.
La science ne peut être ignorée. L’expertise collective de l’Inserm est sans appel : l’exposition aux pesticides est liée à des pathologies graves (cancers, troubles neurodéveloppementaux, infertilité). Réintroduire ces substances, c’est mettre délibérément en péril la santé des citoyens, et en premier lieu celle des agriculteurs.
Un contournement dangereux de l’expertise. Ce texte vise à affaiblir le rôle de l’ANSES. En privilégiant des procédures d’urgence sans consultation sérieuse des toxicologues et épidémiologistes, on bafoue le principe de précaution inscrit dans notre Charte de l’environnement.
Un contresens écologique et agricole. Cette loi n’est pas « pro-agriculteurs ». Elle favorise un modèle intensif au détriment :
– De la santé des pollinisateurs (« tueurs d’abeilles »).
– De la cohérence publique : on ne peut prôner le « manger bio » tout en réautorisant des toxiques interdits depuis 2018.
– Des générations futures qui hériteront d’un environnement pollué.
Comme le souligne Marc-André Selosse (MNHN) : « Nous n’avons pas les moyens d’accepter une loi passéiste, ignorante de l’évolution technique, aux coûts financiers et humains colossaux. »
L’ASEF appelle les décideurs à ne pas céder au lobbyisme agrochimique. La santé et l’environnement sont indissociables. Ne laissons pas une loi rétrograde briser des années d’avancées sanitaires.
Etude Alimentation Totale 3 :
Des préoccupations persistantes pour les enfants

L’Anses vient de publier les premiers résultats de la troisième Étude de l’Alimentation Totale (EAT3), après la dernière étude dédiée à l’alimentation infantile publiée en 2016. Cette analyse de référence permet d’évaluer l’exposition des Français à différents contaminants alimentaires, notamment le plomb, l’acrylamide et le cadmium.
Plomb : métal neurotoxique, facteur de risque cardiovasculaire et cancérogène possible, il demeure un enjeu sanitaire majeur. Les niveaux d’exposition diminuent, ce qui constitue un signal encourageant. La réduction anticipée de la valeur limite dans l’eau potable de 10 à 5 µg/L apparaît souhaitable ; certains pays, comme les États-Unis, visent même le « zéro » dans les écoles.
Acrylamide : classé cancérogène probable chez l’homme, son exposition diminue globalement. Toutefois, certains produits restent fortement contributeurs, en particulier les pommes de terre sous différentes formes (frites, pommes sautées, chips). La modération reste donc de mise.
Cadmium : si l’exposition des adultes demeure globalement stable par rapport à l’EAT2 (2011), avec les pains et dérivés ainsi que les pommes de terre comme principaux contributeurs, la situation des enfants interpelle. Selon l’EAT3, 23 à 27 % des enfants dépassent la nouvelle dose journalière tolérable (DJT), contre environ 15 % lors de l’EAT2.
Cette DJT vise à éviter, à 60 ans, une cadmiurie supérieure à 0,50 µg/g de créatinine, seuil basé sur les effets osseux (notamment le risque de fractures). Or des études suggèrent une augmentation du risque cardiovasculaire à des niveaux plus faibles encore : en matière de cadmium, moins l’exposition est élevée, mieux c’est.
L’évolution observée chez les enfants n’est pas incohérente avec les données du rapport, qui mentionne une augmentation des concentrations dans 28 % des aliments analysés, notamment les pommes de terre et certains produits céréaliers. Les céréales du petit déjeuner enregistrent une hausse marquée (×3,5), possiblement liée à la présence de chocolat dans certains produits.
Concernant l’alimentation biologique, le nombre d’échantillons analysés ne permet pas de conclure de manière statistiquement significative, notamment pour les aliments les plus contributeurs.
L’Anses rappelle la nécessité de poursuivre la réduction du cadmium dans les engrais, de renforcer la surveillance des aliments contributeurs et de maintenir une vigilance accrue pour les populations les plus vulnérables, en particulier les enfants.
Des adaptations des habitudes alimentaires, comme celles proposées dans les fiches conseils sur le cadmium élaborées avec le groupe « Santé environnement » de la Conférence Nationale des URPS Médecins Libéraux et soutenus par l’ASEF, apparaissent plus que jamais nécessaires.
SNANC :
Comprendre la nouvelle stratégie nationale sur l’alimentation, la santé et le climat

Le 11 février 2026, la Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) a enfin été publiée, après plus de deux ans d’attente. Sa sortie constitue un soulagement : elle offre un cadre pour orienter les futures politiques publiques, notamment les prochains Programmes nationaux nutrition santé (PNNS) et alimentation (PNA).
Mais le texte manque d’ambition. Alors que les agences sanitaires et la société civile appelaient à des mesures fortes, aucune restriction contraignante de la publicité pour les produits trop gras, trop sucrés, trop salés ou ultra-transformés n’a été retenue. Le terme « aliments ultra-transformés » n’apparaît que marginalement, et aucun objectif chiffré de réduction de la consommation de viande n’est fixé, malgré une mention de « limitation » dont le périmètre reste flou.
Pourtant, les enjeux sont majeurs : notre alimentation contribue au changement climatique, à l’effondrement de la biodiversité et à l’augmentation des maladies chroniques (maladies cardiovasculaires, diabète, obésité, cancers). Elle est aussi un déterminant central des inégalités sociales de santé, alors que plusieurs millions de personnes en France sont en situation d’insécurité alimentaire. Dès 2023, un collectif de 70 organisations, dont l’ASEF, appelait l’État à fixer des objectifs clairs : augmenter la consommation de fruits, légumes, légumineuses et produits issus de l’agroécologie, réduire celle des produits ultra-transformés et de la viande (volaille incluse), encadrer la publicité et renforcer l’étiquetage nutritionnel et environnemental.
Or il ne peut y avoir d’alimentation saine et durable sans transformation profonde du système agricole et agroalimentaire. La SNANC était nécessaire ; elle demeure insuffisante. L’ASEF continuera à plaider pour des mesures structurelles à la hauteur des enjeux climatiques, sanitaires et sociaux.
« Monsieur Cadmium » :
Quand Pierre Souvet tire la
sonnette d’alarme

Le cadmium est un polluant que l’on croise sans vraiment le voir, présent dans notre environnement et, parfois, dans notre alimentation. Longtemps relégué au second plan, le sujet revient aujourd’hui sur le devant de la scène à mesure que les données scientifiques s’accumulent et que les inquiétudes grandissent autour de ses effets potentiels sur la santé.
Dans cet article de Reporterre, le média s’intéresse aux sources d’exposition, aux signaux d’alerte mis en lumière par la recherche, et au manque de sensibilisation du grand public sur cet enjeu sanitaire pourtant bien réel. Pierre Souvet, président de l’ASEF, y est cité et interviewé : il explique pourquoi ce risque reste largement sous-estimé, alerte sur les conséquences possibles à long terme, et appelle à une meilleure information des citoyens comme des décideurs.
Un éclairage utile pour comprendre pourquoi ce sujet commence à faire parler et pourquoi il mérite qu’on s’y penche de plus près.
