Le débrief de l'ASEF du 1er juin 2017

Bonjour à tous,

Nous sommes à J-7 avant notre soirée Bio-maman ! Nous espérons que vous y trouverez toutes les informations que vous recherchez sur la question des polluants pendant la grossesse.

En attendant, quelles sont les nouvelles informations parues cette semaine en matière de santé et environnement ?

Des nouveautés dans les effets de l’alcool sur la santé

Le cancer du sein est le cancer le plus retrouvé chez les femmes ; aux USA, on estime l’incidence des cancers du sein à plus de 252 000 cas par an. Le 23 mai, l’American Institute for Cancer research a publié un nouveau rapport sur la consommation d’alcool en lien avec le développement de cancer du sein (1). Selon ce rapport, boire un verre de vin ou d’un autre alcool par jour augmente ce risque. En effet, l’analyse de 119 études, incluant des données sur 12 millions de femmes et 260 000 cas de cancer du sein, a montré que la consommation de 10g d’alcool par jour (équivalent à un petit verre de vin ou une bière) augmente le risque de cancer du sein avant la ménopause de 5%, et après la ménopause de 9%. Rappelons qu’un verre d’alcool standard contient environ 14g d’alcool.

De plus, le rapport souligne l’impact du surpoids et de l’obésité sur le risque de cancer du sein après la ménopause. Si certains facteurs de risque de survenue de cancer du sein sont incontrôlables, comme des mutations génétiques ou une puberté précoce, les habitudes de vie sont des facteurs importants pour le développement de cette pathologie.

Toujours dans le cadre de l’alcool, penchons-nous sur une idée bien connue, celle du rôle protecteur d’une faible consommation d’alcool sur le système cardiovasculaire. En effet, combien de fois peut-on entendre « Boire un verre de rouge le soir, ça ne peut pas faire de mal, au contraire, ça fait du bien au cœur ! ».

Or, une méta-analyse publiée par le Journal of Studies on Alcohol and Drugs a révélé qu’il n’existait aucun fondement scientifique sur un effet protecteur de l’alcool contre les maladies coronaires (2), et ce quel que soit l’âge des personnes étudiées. Selon les chercheurs, cette croyance d’un effet protecteur pourrait provenir d’un biais de sélection : “Si les plus âgés en bonne santé sont aussi ceux qui s’autorisent un verre ou deux par jour, est-ce que l’alcool est responsable de leur bonne santé ou au contraire cette dernière leur a-t-elle permis de ne pas y renoncer ?” Ce biais pourrait être lié à la sous-estimation du nombre de décès causés par l’alcool et de malades ayant été obligés d’y renoncer.

De plus, gardons en tête que dans le vin rouge, ce n’est pas l’alcool qui a un effet protecteur mais les tanins, des substances végétales de la famille des polyphénols avec certaines propriétés antioxydantes. Mais les effets bénéfiques des tanins ne suffisent pas à contrebalancer les effets nocifs de l’alcool. Alors si vous voulez consommer des tanins pour leurs effets antioxydants, préférez une tasse de thé quotidienne et réservez l’alcool pour les grandes occasions !

De l’exportation de produits chimiques interdits…

Depuis le mois de janvier, la France aurait autorisé l’exportation de 7 cargaisons d’atrazine vers l’étranger, à destination de la Chine, la Suisse, le Pakistan, le Soudan, l’Ukraine et l’Azerbaïdjan, selon les données de l’Agence Européenne des Produits chimiques (ECHA). Rappelons que l’Atrazine est un herbicide interdit en France depuis 2001 et en Europe depuis 2004 ; en effet, une étude de l’INSERM a mis en évidence des risques fœtaux pour les femmes enceintes chez qui on peut détecter des traces d’atrazine dans les urines (3). Ces femmes avaient 70% de risque supplémentaire de donner naissance à un enfant avec une faible circonférence crânienne, avec pour conséquence un développement neurocognitif diminué. L’atrazine a également été mis en cause dans le développement de cancers du sein et de la prostate. De plus, c’est un produit extrêmement écotoxique, via ses effets herbicides mais également ses propriétés de perturbateur endocrinien et d’immunosuppresseurs. L’ECHA estime qu’il s’agit d’un « produit très toxique pour la vie aquatique avec des effets de longue durée qui peut endommager les organes et provoquer des réactions allergiques ».

Une ONG suisse, Public Eye, vient de lancer une campagne sur ces exportations, particulièrement pour celles à destination des états signataires de la convention de Bamako, qui applique en Afrique la convention de Bâle sur le transport des déchets dangereux. Ces pays considèrent qu’ils ne devraient pas recevoir un produit si celui-ci est interdit dans son pays d’origine en raison de sa toxicité. Mais la convention de Bâle ne prévoit pas de sanctions à l’égard des pays ne respectant pas leurs engagements.

Depuis 2004, la France a autorisé 142 exportations d’atrazine dont 33 vers des pays africains signataires de cette convention (Soudan, Mali, Burkina Faso, Ethiopie, Bénin et Côte d’Ivoire). Cependant, ce n’est pas le seul pays mis en cause ; l’Italie, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne et la Suisse exportent également ce pesticide.

Les rapporteurs des Nations Unies sur la question des exportations de produits toxiques estiment que « le fait d’exposer la population d’autres pays à des toxines dont il est avéré qu’elles provoquent de graves problèmes de santé et peuvent même entraîner la mort constitue de toute évidence une violation des droits de l’homme ».

Bibliographie

(1) New Report : just one alcoholic drink a day increases breast cancer risk, exercise lowers risk
American Institute for Cancer Research, May 23 2017

(2) Alcohol Consumption and Mortality From Coronary Heart Disease : An Updated Meta-Analysis of Cohort Studies
Zhao et al., Journal of Studies on Alcohol and Drugs, mai 2017

(3) Urinary Biomarkers of Prenatal Atrazine Exposure an Adverse Birth Outcomes in the PELAGIE Birth Cohort
Chevrier et al., Environmental Health Perspectives, juillet 2011

A jeudi prochain et d’ici là portez-vous bien !

Le Club des 11 de l’ASEF

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