4 juillet 2017

Eviter les polluants pendant la grossesse - la synthèse de l'ASEF

Il est bien connu que la grossesse est une période de « fragilité » de la femme et du fœtus, et on martèle régulièrement les précautions et interdictions à respecter pendant ces neuf mois. Mais on entend parfois tout et son contraire à ce sujet. Alors, pour protéger au mieux le futur bébé, voici quelques conseils qui vous permettront de vivre votre grossesse sereinement et sans polluants.

L’importance des précautions pendant la grossesse

Certaines pathologies, même développées à l’âge adulte, trouvent leurs origines pendant la vie intra-utérine. En effet, lors d’une exposition de la femme enceinte à certains produits toxiques, ceux-ci peuvent traverser la barrière placentaire qui protège le fœtus et ainsi affecter ce dernier. Mais ces polluants n’ont pas forcément un effet immédiat ; parfois, les effets se feront sentir plusieurs décennies plus tard, par des troubles de la fertilité ou un risque accru de cancer. C’est ce qu’on appelle l’effet différé.

Les principaux polluants pendant la grossesse

Les dessous de l’alimentation

Les fruits et légumes

Riches en vitamines, fibres, minéraux et antioxydants, les fruits et légumes sont indispensables au bon développement du fœtus. Cependant, ils contiennent fréquemment des substances considérées comme des perturbateurs endocriniens, notamment des pesticides.

En mars 2016, le DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes) a analysé 5 480 échantillons de produits d’origine végétale (fruits, légumes, céréales, épices, etc.) mis sur le marché français. Au total, 482 substances différentes ont été recherchées. Résultats : 74 % des échantillons de fruits contenaient des pesticides ! Les non-conformités touchaient principalement les oranges, ainsi que les pêches et les nectarines.

A l’heure actuelle, aucune étude n’a mis en évidence un lien entre effets sur la santé et consommation de fruits et légumes, et les travaux sur les pesticides concernent exclusivement des expositions professionnelles. Néanmoins, pendant la grossesse il est tout de même conseillé de privilégier les fruits et légumes issus de l’agriculture biologique. Par ailleurs, des études tendent à montrer que le « Bio » aurait davantage de valeurs nutritives. Par exemple, les tomates « Bio » seraient 40% plus riches en vitamines et nutriments. Leur concentration en vitamine C serait même supérieure de 57 % et celle en phénols deux fois plus grande [1]. Mais attention, certains aliments « Bio » viennent de très loin – environ 30% du « Bio » qui arrive dans notre assiette est importé – et génèrent donc une pollution importante due au transport. Il vaut donc mieux privilégier les produits locaux, frais et de saisons, et dans la mesure du possible, les choisir « Bio ».

Et le poisson alors

Le poisson est une source importante de phosphore, d’iode et d’oméga 3, des éléments indispensables au développement du fœtus. C’est donc un aliment très intéressant à consommer pendant la grossesse. Mais il contient souvent des polluants pouvant affecter la santé de bébé. C’est le cas des PCB, des métaux tels que le mercure, ou des pesticides. Déversés dans l’environnement par les industries ou l’agriculture, ces substances très persistantes et peu biodégradables s’accumulent dans les tissus adipeux et se retrouvent de plus en plus concentrées dans la chaîne alimentaire. Ainsi, elles se retrouvent dans les poissons, et particulièrement ceux qui se situent au bout de la chaîne alimentaire (anguille, barbeau, brème, carpe, silure pour les poissons d’eau douce, marlin, espadon, thon, requins, thazards pour les poissons de mer).

A travers l’alimentation, et surtout les poissons, nous sommes donc exposés à tous ces polluants qui peuvent avoir des effets délétères sur notre organisme. Cancers, troubles de la reproduction, troubles du système nerveux, nombreuses sont les pathologies liées à ces polluants organiques persistants. Alors que faire avec le poisson, aliment aussi indispensable que dangereux ? Le secret réside dans la modération… En 2012, suite à l’étude nationale d’imprégnation aux PCB des consommateurs de poissons de rivières, l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) a recommandé de limiter les consommations de poissons d’eau douce fortement bio-accumulateurs (anguilles, barbeaux, brèmes, carpes ou silures) :

– à 1 fois tous les 2 mois pour les femmes souhaitant une grossesse, enceintes ou allaitantes ainsi que les enfants de moins de 3 ans, les fillettes et adolescentes

– à 2 fois par mois pour le reste de la population

Pour tous les autres poissons, il est conseillé d’en consommer deux portions par semaine, dont un poisson gras (à forte teneur en oméga 3) – saumon, sardine, maquereau, hareng.  Sauf pour les femmes enceintes, qui doivent absolument éviter les poissons prédateurs comme l’espadon ou le requin. Il est également conseillé de varier les espèces de poissons ainsi que leur provenance pour éviter les risques d’être exposé continuellement au même toxique.

Les risques de la malbouffe pendant la grossesse

S’il est parfois difficile de freiner les envies de femmes enceintes, il faut tout de même faire attention à la malbouffe, c’est-à-dire hamburger, frites, pizza, etc. En effet, une étude australienne [2] a montré que ce type d’aliments était susceptible d’entraîner par la suite une dépendance chez l’enfant.  Cette étude, menée sur deux groupes de rats, a comparé un régime normal à un régime riche en graisse et en sucre pendant la grossesse et l’allaitement. Après le sevrage, les rats issus des portées ont reçu des injections quotidiennes de naloxone, une substance qui bloque la libération de dopamine dans le cerveau. Or, la dopamine est un neurotransmetteur qui joue un rôle important dans les comportements, l’alimentation, la motivation, le plaisir.  Notamment, lors de l’ingestion d’aliments riches en sucres et en graisse, la dopamine provoque un sentiment de satisfaction. La diminution de dopamine entraîne de ce fait une diminution de la consommation de ces aliments.  Au final, les résultats de cette étude ont montré que les rats issus d’une mère nourrie avec un régime gras et sucré ont une libération de dopamine accrue, liée à une résistance à la naloxone. Ce changement dans le métabolisme entraîne une dépendance plus importante aux graisses et aux sucres, et donc une attirance plus grande pour la  «malbouffe».

Limitez donc les repas ce type d’aliments pendant la grossesse, ainsi que les plats préparés bourrés de sel et d’additifs alimentaires.

Les à côté de l’alimentation

Les emballages alimentaires comme les boites de conserve, les canettes ou les boites de conservation en plastique, peuvent contenir des polluants pouvant migrer vers les aliments. C’est notamment le cas du Bisphénol A (BPA) et des phtalates.

Le bisphénol A

Le BPA est une substance que l’on retrouve un peu partout dans notre vie quotidienne : bouteilles, boites de conserve et en plastique et même tickets de caisse. Mais il est aussi capable de migrer des contenants alimentaires vers la nourriture ou les boissons avec lesquels il est en contact. Un phénomène d’autant plus important lorsqu’on chauffe le produit avec son emballage.

Or, le BPA est un perturbateur endocrinien, c’est-à-dire qu’il interfère avec le système hormonal et induit ainsi des effets délétères sur l’organisme. On sait par exemple qu’il agit sur les récepteurs aux œstrogènes, entraînant ainsi des troubles de la fertilité ou une puberté précoce. Par exemple, en 2016, une étude a montré que chez les femmes enceintes présentant des niveaux élevés de BPA dans le liquide amniotique, le risque d’accouchement prématuré était multiplié par 2,5 [3].

Heureusement, il est déjà interdit dans tous les contenants alimentaires depuis 2015. Mais par quoi est-il remplacé ? Par des alternatives comme le Bisphénol S (BPS) ou le Bisphénol F (BPF). Une enquête menée par l’ASEF a révélé leur présence dans certaines canettes de soda et boîtes de conserve. Mais il semblerait que ces remplaçants aussi perturbent nos hormones et qu’ils soient de plus toxiques pour les milieux aquatiques.

Alors, pour ne prendre aucun risque, privilégiez les boites de conserve en verre plutôt que celles en aluminium et évitez les canettes de boissons. Idem pour la conservation des aliments, optez pour des bocaux en verre plutôt qu’en plastique. Enfin, évitez absolument de chauffer les aliments dans leur emballage plastique.

Les phtalates

Les phtalates sont des substances chimiques rajoutées au polychlorure de vinyle (PVC) lors de la fabrication d’objets en plastique pour les rendre plus souples et faciliter ainsi leur mise en forme. On les retrouve donc dans pratiquement tous les articles en PVC : adhésifs, ballons, nappes, tuyaux, rideaux de douche, emballages alimentaires, cosmétiques, colles, matériel médical, mais aussi dans les jouets… Nous pouvons être exposés aux phtalates par inhalation, ingestion ou absorption cutanée.

L’ingestion d’aliments ayant été en contact avec des emballages contenant des phtalates demeure la principale source d’exposition pour la population générale adulte. En effet, les phtalates ne sont pas liés au plastique ; ils peuvent être libérés et migrer de l’emballage vers les aliments. Par exemple, si on chauffe des aliments avec du film étirable, les phtalates peuvent se retrouver dans les aliments. Les aliments gras favorisent aussi la migration des phtalates.

Comme le BPA, les phtalates sont des perturbateurs endocriniens, et leurs effets sur la reproduction ont été mis en évidence à plusieurs reprises. Une étude publiée en 2012 a par exemple démontré que l’exposition des testicules de l’homme adulte aux phtalates, entraîne une inhibition de la production de la testostérone et seraient responsables de la réduction des testicules chez l’adulte [4]. En 2015, des chercheurs chinois ont montré que les phtalates pouvaient augmenter le risque de fausses couches [5]. Autre effet récemment mis en évidence : les accouchements prématurés. Une étude publiée en 2013 a constaté une association entre le niveau de phtalates dans les urines des femmes enceintes et les accouchements prématurés [6]. D’autres études ont également montré une corrélation entre l’exposition aux phtalates et la survenue de diabète et d’hypertension artérielle chez les enfants, ainsi qu’une corrélation négative avec le quotient intellectuel.

Contrairement au BPA, les phtalates ne sont pas interdits dans les contenants alimentaires. Privilégiez les bocaux et boites de conserve en verre et ne mettez pas d’aliments gras en contact avec du film étirable par exemple.

Les ustensiles de cuisine

Casseroles, poêles, woks, ces ustensiles dans lesquels nous faisons cuire nos aliments tous les jours peuvent contenir des matériaux représentant un danger pour notre santé. Le téflon représente le principal matériau mis en cause. Il s’agit d’un revêtement antiadhésif qui permet de cuire les aliments sans matière grasse. Il contient des composés perfluorés considérés comme des perturbateurs endocriniens (eh oui, eux aussi), particulièrement préoccupants pour les femmes enceintes. Parmi ces composés, l’acide perfluorooctanique (PFOA) est un élément classé par le centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) comme possible cancérigène pour le testicule et le rein. Des études ont montré que l’exposition au PFOA pendant la grossesse favorise la diminution de taille à la naissance, mais également le surpoids ultérieur [7][8].

Les ustensiles de cuisine peuvent également contenir de l’aluminium, un métal neurotoxique. Situé dans la couche inférieure des ustensiles, il peut poser problème en cas de rayures. Une surexposition à l’aluminium pourrait favoriser des maladies neurodégénératives ainsi que des troubles osseux.

Mais alors comment faire pour éviter ces substances ? Il est recommandé d’utiliser des instruments en bois pour cuisiner avec du Téflon, afin de ne pas entamer ou abimer le revêtement ce qui favoriserait la diffusion du PFOA ou de l’aluminium. Pensez donc à changer vos poêles abîmées. Certaines étiquettes mentionnent « sans PFOA ».

Pour en savoir plus sur l’aluminium, consultez notre synthèse sur ce produit.

Les produits ménagers

On ne le sait pas toujours mais faire le ménage peut nous rendre malade ! Détergents, dégraissants, solvants, lave-vitres peuvent émettre des composés organiques volatiles (COV) comme le formaldéhyde, un gaz que le CIRC  a classé comme cancérigène au niveau du pharynx, soit des effets bien au-delà de l’asthme ou de l’irritation. Il a notamment été montré que les femmes utilisant le plus de produits d’entretien avaient un risque deux fois plus élevé de développer un cancer du sein [9].

Les produits ménagers peuvent également contenir des éthers de glycol. Ce sont des solvants neurotoxiques irritants et considérés comme perturbateurs endocriniens (rien que ça !). Une étude de l’INSERM a montré que le risque de malformations congénitales d’un fœtus est 2,5 fois supérieur si la future mère est exposée de façon régulière aux solvants dans son environnement professionnel (secteur de la santé, de l’entretien, de la coiffure et de l’esthétique, et en laboratoire) [10]. Ces malformations sont diverses : faciales (bec de lièvre), rénales, urinaires ou génitales.

Quels produits choisir

Privilégiez les produits portant un écolabel. Ils garantissent l’absence de substances néfastes pour la santé et l’environnement, tout en étant aussi efficaces que les produits classiques. Il s’agit des écolabels comme NF Environnement ou l’Ecolabel Européen. Vous pouvez également opter pour des produits naturels. Bon marché et très efficaces, voici les trois produits à utiliser pour un ménage au top : le savon noir pour tout nettoyer, le vinaigre blanc pour détartrer, désinfecter et dégraisser et le bicarbonate de soude pour désodoriser.

L’eau de javel

Et pour les adeptes de l’eau de Javel, il va falloir s’en passer ! En plus d’être toxique pour l’environnement, c’est un produit irritant et corrosif pour la peau, les yeux, les voies respiratoires et digestives. Une étude a d’ailleurs montré que les enfants vivant dans des foyers utilisant régulièrement l’eau de Javel développent plus d’infections ORL (sinusite, otite, bronchite, grippe ou pneumonie) que les autres [11]. De plus, mélangée avec les acides retrouvés dans d’autres produits ménagers, l’eau de Javel produit du dichlore (Cl2), un gaz très toxique provoquant des toux, des vertiges, des nausées, des difficultés respiratoires et de fortes irritations. Il est donc primordial d’éviter tout mélange avec d’autres produits, voire même de la bannir de vos placards.

Encadré : quand faire la chambre de bébé ?

 Enceinte, c’est surement une question que vous vous êtes posée ! La réponse est : le plus tôt possible. En effet, les peintures, les meubles ou les colles peuvent émettre des Composés Organiques Volatils (COV) comme le formaldéhyde, classé comme cancérigène par le CIRC. Alors pour éviter que votre bébé y soit exposé dès sa naissance, optez pour des produits de bricolage portant un écolabel comme l’Ecolabel Européen ou NF Environnement. Pour les meubles, s’ils sont neufs, laissez-les dégazer quelques semaines à l’extérieur. Autre possibilité : optez pour des meubles d’occasion. Dans tous les cas, aérez le plus possible la chambre de bébé avant son arrivée.

Le jardinage

Prendre soin de son jardin, c’est bon pour la santé et pour le moral. C’est donc une activité parfaite pour les femmes enceintes… à conditions de le faire sans pesticides. Considérés comme perturbateurs endocriniens, ils sont particulièrement néfastes pour le fœtus.

Pour désherber sans danger, ne cédez pas à la tentation des herbicides chimiques comme le Roundup. Prévenez l’apparition des mauvaises herbes en installant de la toile de paillage ou du paillage naturel. Si elles sont déjà apparues, rien de mieux que le désherbage à la main ou avec des outils spécifiques. Si, pour éviter l’invasion d’insectes, vous devez traiter, vous pouvez d’abord essayer les recettes de grands-mères : préparation de piment fort macéré pour les invasions d’insectes en tout genre, solutions à base de savon noir pour nettoyer les feuilles souillées par les pucerons et les cochenilles, etc.

Plus de conseils dans notre Petit Guide Santé du Jardinage.

Les pesticides

Ils peuvent être à l’origine de malformations comme l’a démontré une étude menée auprès de 2 710 bébés garçons au Brésil [12], pays dans lequel beaucoup d’habitants vivent dans des favelas dépourvues d’égouts, où pullulent les insectes et où les insecticides sont utilisés massivement. Ils ont alors constaté que 92 % des garçons présentant une malformation génitale (cryptorchidie, hypospadias ou micropénis) avaient subi une exposition durant la période fœtale ! De plus, 80 % des mères et 58 % des pères avaient eu une ou plusieurs activités professionnelles impliquant l’usage de pesticides ou d’autres perturbateurs endocriniens.

Les pesticides auraient également des effets sur le développement du cerveau du fœtus lorsque la mère est exposée pendant sa grossesse.

Pour en savoir plus, consultez notre synthèse sur les pesticides

Se protéger des moustiques…

L’été, le retour de la chaleur, c’est aussi le retour des moustiques, qui peuvent parfois devenir une véritable plaie. Face à cela, nous avons tous le réflexe de sortir les anti-moustiques. Ils contiennent généralement des pyréthrinoïdes, une famille d’insecticides présente également dans les shampooings anti-poux. Ils agissent en bloquant la transmission des neurones des insectes, entrainant ainsi leur paralysie. En 2015, des chercheurs de l’INSERM ont évalué la toxicité de cette classe de pesticides en se basant sur 287 couples mères-enfants de la grossesse jusqu’à l’âge de 6 ans [13]. Les pyréthrinoïdes ont été analysés dans les urines de la mère pendant la grossesse, mais aussi dans celles des enfants de 6 ans. En parallèle, ils ont fait passer des tests d’évaluation de compréhension verbale et de mémoire de travail aux enfants à leur sixième anniversaire. Ils ont alors constaté que l’exposition aux pyréthrinoïdes serait associée à une diminution des capacités cognitives des enfants, qui auraient donc plus de mal à se concentrer et à acquérir de nouvelles connaissances. La même année, une équipe de chercheurs américains a passé en revue plusieurs études sur le sujet, pour aboutir à la conclusion que l’exposition des enfants aux insecticides d’intérieur augmente le risque de leucémie de 47% et de lymphome de 43%. Il est donc vivement conseillé d’utiliser des anti-moustiques bio !

Attention, dans certaines zones à risque de paludisme ou de Zika par exemple, demandez conseil à votre médecine, certains antimoustiques non bio tels que le DEET, l’Icaridine ou le Citrodiol peuvent être recommandés. Mais n’oubliez pas que la protection mécanique (vêtements, moustiquaires) est la plus efficace.

Les cosmétiques

Les cosmétiques sont des produits pouvant contenir de nombreuses substances dangereuses pour notre santé, et c’est encore plus vrai pendant la grossesse. Les gels douche, crèmes hydratantes et autres produits de maquillage peuvent en effet contenir entre 20 et 50 produits, dont certains sont considérés comme perturbateurs hormonaux, allergisants, voire même cancérigènes.

Pour se préserver de toutes ces molécules à risque pour la femme enceinte et le bébé, la meilleure solution est d’utiliser des cosmétiques portant un écolabel comme Cosmébio ou Nature et Progrès. Ils vous garantissent que les ingrédients qui les composent sont d’origine naturelle et issus de l’agriculture biologique. De plus, ils ne comportent pas d’OGM, de nanoparticules ou encore d’ingrédients issus de la pétrochimie. Attention cependant aux alléchantes mentions « sans parabène », « sans parfum » ou encore « sans aluminium ». Même si les packagings de ces produits sont d’un vert flamboyant, il n’est pas garanti qu’ils ne contiennent pas d’autres polluants ! Une crème s’affichant comme «sans parabène» pourra en effet contenir d’autres conservateurs aussi nocifs que compliqués à épeler, comme le méthylisothiazolinone (MIT) ou le phénoxyéthanol.

Pour en savoir plus, consultez notre synthèse sur les cosmétiques.

Conclusion

Comme nous venons de le voir, les polluants sont nombreux dans notre environnement, et parfois difficiles à éviter. Mais quelques gestes simples peuvent diminuer de façon drastique l’exposition à ces produits !

  • Bannissez le tabac : c’est une évidence, le tabac est une véritable plaie pour chaque personne, et les enfants y sont particulièrement sensibles. En cas de difficultés pour arrêter de fumer pendant la grossesse, tournez-vous vers un professionnel qui pourra vous conseiller et discuter des solutions.
  • Aérez tous les jours votre intérieur pendant au moins 15 minutes
  • Bannissez les produits toxiques de vos nettoyants et préférez les produits bio et écolabellisés
  • En cuisine, suivez les recommandations des professionnels qui vous suivent pendant votre grossesse pour éviter listériose et toxoplasmose, et privilégiez le « bio » et le local
  • Pour vos produits de beauté, là-encore les labels bio sont particulièrement intéressants pour éviter les nombreux polluants qui se cachent dans les cosmétiques traditionnels

 

 

 

Bibliographie

[1]        Oliveira AB, Moura CFH, Gomes-Filho E, Marco CA, Urban L, Miranda MRA. The impact of organic farming on quality of tomatoes is associated to increased oxidative stress during fruit development. PloS One 2013; 8:e56354.

[2]        Gugusheff JR, Ong ZY, Muhlhausler BS. A maternal ‘junk-food’ diet reduces sensitivity to the opioid antagonist naloxone in offspring postweaning. FASEB J Off Publ Fed Am Soc Exp Biol 2013; 27:1275–1284.

[3]        Behnia F, Peltier M, Getahun D, Watson C, Saade G, Menon R. High bisphenol A (BPA) concentration in the maternal, but not fetal, compartment increases the risk of spontaneous preterm delivery. J Matern-Fetal Neonatal Med Off J Eur Assoc Perinat Med Fed Asia Ocean Perinat Soc Int Soc Perinat Obstet 2016; 29:3583–3589.

[4]        Desdoits-Lethimonier C, Albert O, Le Bizec B, Perdu E, Zalko D, Courant F, Lesné L, Guillé F, Dejucq-Rainsford N, Jégou B. Human testis steroidogenesis is inhibited by phthalates. Hum Reprod Oxf Engl 2012; 27:1451–1459.

[5]        Mu D, Gao F, Fan Z, Shen H, Peng H, Hu J. Levels of Phthalate Metabolites in Urine of Pregnant Women and Risk of Clinical Pregnancy Loss. Environ Sci Technol 2015; 49:10651–10657.

[6]        Ferguson KK, McElrath TF, Meeker JD. Environmental phthalate exposure and preterm birth. JAMA Pediatr 2014; 168:61–67.

[7]        Halldorsson TI, Rytter D, Haug LS, Bech BH, Danielsen I, Becher G, Henriksen TB, Olsen SF. Prenatal exposure to perfluorooctanoate and risk of overweight at 20 years of age: a prospective cohort study. Environ Health Perspect 2012; 120:668–673.

[8]        Maisonet M, Terrell ML, McGeehin MA, Christensen KY, Holmes A, Calafat AM, Marcus M. Maternal concentrations of polyfluoroalkyl compounds during pregnancy and fetal and postnatal growth in British girls. Environ Health Perspect 2012; 120:1432–1437.

[9]        Zota AR, Aschengrau A, Rudel RA, Brody JG. Self-reported chemicals exposure, beliefs about disease causation, and risk of breast cancer in the Cape Cod Breast Cancer and Environment Study: a case-control study. Environ Health Glob Access Sci Source 2010; 9:40.

[10]      Garlantézec R, Monfort C, Rouget F, Cordier S. Maternal occupational exposure to solvents and congenital malformations: a prospective study in the general population. Occup Environ Med 2009; 66:456–463.

[11]      Casas L, Espinosa A, Borràs-Santos A, Jacobs J, Krop E, Heederik D, Nemery B, Pekkanen J, Hyvärinen A, Täubel M, Zock J-P. Domestic use of bleach and infections in children: a multicentre cross-sectional study. Occup Environ Med 2015; 72:602–604.

[12]      Gaspari L, Sampaio DR, Paris F, Audran F, Orsini M, Neto JB, Sultan C. High prevalence of micropenis in 2710 male newborns from an intensive-use pesticide area of Northeastern Brazil. Int J Androl 2012; 35:253–264.

[13]      Chen M, Chang C-H, Tao L, Lu C. Residential Exposure to Pesticide During Childhood and Childhood Cancers: A Meta-Analysis. Pediatrics 2015; 136:719–729.

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