Les brèves de l'ASEF du 21 février 2019

Bonjour à toutes et à tous,

Au menu de ces brèves : la plainte déposée par des toulousains après analyse du taux de glyphosate dans leurs urines, une nouvelle étude sur le lien entre glyphosate et le lymphome non Hodgkinien, les troubles dépressifs chez les adolescents corrélés à la pollution de l’air et enfin la lettre ouverte à M. Macron concernant le chlordécone. Bonne lecture !

Intoxiqués par le glyphosate ils portent plainte ! Par le Dr Menat.

A l’initiative de l’association « Campagne glyphosate Toulouse Métropole », 48 personnes ont fait analyser le taux de glyphosate dans leurs urines. Un prélèvement effectué entre 6h et 8h du matin, à Toulouse, sous le contrôle de deux huissiers de justice.

Les résultats sont sans appel : en moyenne ce sont 1,113 mg/L de glyphosate qui ont été retrouvés dans les urines des participants. Le taux le plus fort, soit 3,139 mg/L, a été retrouvé chez un étudiant de 20 ans !

Imaginez que pour une eau soit conforme, elle ne doit pas dépasser 0,1 mg/L de glyphosate. Ces personnes ont un taux 30 fois supérieur dans leurs urines !

Parmi elles, certaines mangent 80% bio et leur taux de glyphosate est anormalement élevé. Pourquoi ? Pourquoi tout le monde, quels que soient son mode de vie et son lieu d’habitation, a un taux de glyphosate important dans ses urines ? D’où provient cette pollution ?

C’est pour tenter d’y répondre et de trouver des solutions que 45 personnes viennent de porter plainte, à titre individuel contre « toute personne impliquée dans la distribution et la large diffusion dans l’environnement de molécules probablement cancérigène de glyphosate » pour « mise en danger de la vie d’autrui », « tromperie aggravée » et « atteinte à l’environnement ».

Le même type de plainte a été déposé par 70 Ariégeois en 2018 et des collectifs de « pisseurs involontaires de glyphosate » se sont créés un peu partout en France.

Espérons que cela permettra une meilleure prise de conscience du problème et que ces actions feront accélérer la recherche des solutions pour préserver notre environnement et notre santé.

D’autres études seront également nécessaires pour mieux évaluer l’impact de cette pollution sur l’organisme puisque les conséquences sanitaires sont contestées, y compris par des scientifiques. Mais si tout le monde est « pollué » il ne va pas être simple de trouver un groupe témoin « sain » pour valider ces études !

Une nouvelle étude sur un lien possible entre le glyphosate et le risque de lymphome non Hodgkinien (LNH)

Des chercheurs des universités de Californie, New York, Washington ont confirmé les liens entre préparations à base de glyphosate et lymphomes non Hodgkiniens; ils ont étudié l’ensemble des études actuelles en incluant la cohorte américaine AHS sur la santé des agriculteurs, mise à jour en 2018 et en ciblant sur les fortes expositions. « Conformément aux preuves tirées d’analyses expérimentales sur des animaux et de mécanismes, notre méta-analyse actuelle d’études épidémiologiques chez l’homme suggère un lien évident entre l’exposition aux GBH et le risque accru de LNH. »

 L’augmentation du risque est de 1.41.

Plusieurs mécanismes plausibles pourraient intervenir pour expliquer ce lien entre préparations à base de glyphosate et LNH : l’immunosuppression, l’inflammation, les perturbations endocriniennes, les altérations génétiques et le stress oxydatif. [1]

Troubles dépressifs et pollution au dioxyde d’azote (NO2) et au PM2.5 chez les adolescents

Les chercheurs du King’s College de Londres ont étudié les symptômes d’anxiété, de dépression, de trouble de la conduite et de trouble d’hyperactivité avec déficit de l’attention, chez 284 jeunes londoniens âgés de 12 à 18 ans, associés aux niveaux d’exposition au dioxyde d’azote (NO2) et aux particules fines PM2.5 à l’âge de 12 ans.

Les estimations de la pollution à l’âge de 12 ans étaient associées de manière significative à la probabilité accrue d’un trouble dépressif à l’âge de 18 ans (20% des enfants ont développé un trouble à l’âge de 18 ans).

On sait maintenant que les particules fines (et ultrafines) sont capables de traverser la barrière hémato encéphalique et provoquer une inflammation au niveau du cerveau ; si des facteurs de biais comme la violence dans l’enfance, les troubles psychiatriques familiaux ont été étudiés, le bruit quant à lui, souvent associé à la pollution urbaine, pourrait être un facteur associé. [2]

Lettre envoyée à M. Macron pour la révision des limites maximales de résidus (LMR) de chlordécone dans la viande bovine

Le 12 février, l’AMSES Martinique (Association médicale pour la sauvegarde de l’environnement et de la santé) présidée par Dr Jospelage, aux côtés de l’ASEF et d’autres associations, a envoyé à M. Macron une lettre ouverte demandant la révision des LMR de chlordécone dans la viande bovine. Ils appellent le Président de la République à réaffirmer son objectif de zéro chlordécone, émis lors de son allocution le 27 septembre 2018. 40% des terres agricoles en Martinique sont encore contaminées par ce polluant organique persistant.

Pour lire la lettre complète, cliquez ICI 

Avant de clore ces brèves, nous vous rappelons que l’ASEF soutient l’Appel des Coquelicots qui demande l’interdiction de tous les pesticides de synthèse et vous invitons à signer et à diffuser l’appel autour de vous : https://nousvoulonsdescoquelicots.org/l-appel/

Petit point agenda :

Dr Souvet sera interviewé dans le « Magazine de la Santé », sur France 5, sur le thème des plastiques, le 27 février.

L’ASEF sera présente à la soirée (réservée aux professionnels de santé) « Environnement, Fécondité, Grossesse et Nouveau-Né » à la Maternité de l’Etoile à Aix-en-Provence, le 28 février.

Nous vous donnons rendez-vous le 7 mars 2019 pour les prochaines brèves, 

D’ici là portez-vous bien

Le Club des 10 de l’ASEF

SOURCES

[1] Exposure to Glyphosate-Based Herbicides and Risk for Non-Hodgkin Lymphoma: A Meta-Analysis and Supporting Evidence, LuopingZhang, Lemaan Rana, Rachel M.Shaffer, Emanuela Taioli, Lianne Sheppard, https://doi.org/10.1016/j.mrrev.2019.02.001

[2] Exploration of NO2 and PM2.5 air pollution and mental health problems using high-resolution data in London-based children from a UK longitudinal cohort study, Roberts S, Arseneault L, Barratt B et al., https://doi.org/10.1016/j.psychres.2018.12.050