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Les retardateurs de flamme brulent notre santé

Écrit par J.Maherou Créé le jeudi 29 octobre 2015 15:11

L’Anses, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, vient publier un rapport sur les risques sanitaires des retardateurs de flamme présents dans les matelas et les meubles rembourrés. Après avoir mis en doute leur efficacité l’année dernière, elle met aujourd’hui en avant leur toxicité pour notre santé.

 

Les retardateurs de flamme, ce sont les molécules rajoutées dans la fabrication dans de nombreux objets du quotidien. Leur but ? Améliorer la résistance au feu des produits et diminuer ainsi le risque d’incendie. Ils sont présents dans différents équipements électroniques (téléviseurs, ordinateurs), les matelas, les tissus, les meubles, les vêtements, les peluches, etc.

L’Anses s'est intéresser aux retardateurs de flamme dans les matelas et les meubles rembourrés. En 2014, elle avait publié un rapport sur l’efficacité de ces molécules contre le risque. Ce rapport concluait à une efficacité limitée de l’utilisation généralisée de ces molécules dans les meubles rembourrés pour faire diminuer significativement la gravité des incendies domestiques. L’agence recommandait ainsi la mise en œuvre d’autres mesures de gestion du risque incendie.

Cette année, elle a publié un deuxième volet de l’expertise, relatif aux risques sanitaires et environnementaux de ces substances. Au total, 22 substances ont été identifiées comme étant les plus utilisées actuellement. L’expertise a montré que, en expérimentation animale, plusieurs de ces substances présentent une toxicité avérée ou suspectée sur la reproduction, un effet potentiel de perturbateur endocrinien, des effets sur la thyroïde ou sur le système immunitaire, ou sont potentiellement cancérogènes ou neurotoxiques. Et la plupart des retardateurs de flamme se retrouvent dans les environnements intérieurs, l’air, et les poussières.

Et pour l’environnement, ce n’est pas plus joyeux puisque plusieurs d’entre elles, présentent une écotoxicité élevée et/ou sont difficilement biodégradables, et sont, dans ce cas, susceptibles d’être persistantes dans l’environnement.

Face à ces conclusions, l’Agence recommande de ne pas généraliser le traitement des meubles rembourrés par des retardateurs de flamme pour réduire le risque d’incendies domestiques et de privilégier et de renforcer la mise en œuvre d’autres mesures de sécurité incendie dans les logements.


 Références bibliographiques :

Anses, Rapport d’expertise collective, Évaluation des risques liés à l’exposition aux retardateurs de flamme dans les meubles rembourrés, Septembre 2015.

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