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Etude : un insecticide en cause dans la maladie d’Alzheimer

Écrit par J.Maherou Créé le mercredi 29 janvier 2014 10:01

epandage pesticidesL’insecticide DDT, interdit depuis plus de 40 ans mais qui subsiste encore aujourd’hui dans l’environnement, continue à faire des dégâts sur notre santé. Une étude américaine vient de montrer qu’il pourrait être un facteur de risque de la maladie d’Alzheimer, une pathologie qui ne cesse d’augmenter.

Après avoir été utilisé pendant des décennies pour lutter contre les moustiques, vecteurs du paludisme, le dichlorodiphényltrichloroéthane (DTT pour les intimes) a été interdit en France et aux Etats-Unis en 1972. Cette interdiction ne suffit pourtant pas pour y échapper puisqu’on le retrouve encore aujourd’hui dans l’environnement. En effet, il fait partie de la grande famille des polluants organiques persistants (POP), ce qui signifie qu’il est très stable et peu biodégradable. Nous y sommes donc encore aujourd’hui exposés via notre alimentation (les fruits, les légumes, les céréales, etc.). Par exemple, aux Etats-Unis, le DDT a été détecté dans 75 à 80% des échantillons de sang collectés dans la population.

Cette étude américaine, menée sur 86 patients de plus de 60 ans atteints de la maladie d’Alzheimer et 79 personnes en bonne santé, montre bien que cet insecticide présente encore un risque pour notre santé. Après avoir analysé le sang des participants, les chercheurs ont constaté que la teneur en DDE, un composant actif restant après que le DDT ait été métabolisé par l’organisme, était 3,8 fois plus élevée dans le sang des personnes malades que celles du groupe témoin. Les auteurs de cette étude ont également voulu comprendre le mécanisme par lequel le DDE agit sur les cellules du cerveau et entraine cette dégénérescence. Pour cela, ils ont soumis des cultures de cellules neuronales en laboratoire à des concentrations élevées de DDE similaires à celles retrouvées chez les personnes dont les teneurs dans le sang étaient les plus élevées. Les chercheurs ont alors observé une augmentation d'une substance clé pour laalzheimer DDT formation de protéines qui forment des plaques dans le cerveau, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer. Cependant, le DDE n'était pas détectable dans certains échantillons sanguins de malades d’Alzheimer, et à l’inverse, certains participants sains avaient des teneurs assez élevées du pesticide. Mais d’autres facteurs tels que les facteurs génétiques ou l’âge sont impliqués dans le déclenchement de la maladie. En effet, le DDT peut rester dans l'organisme 8 à 10 ans et le DDE s'accumule dans les tissus au fil du temps, ce qui pourrait expliquer que l'âge soit le plus grand facteur de risque d'Alzheimer.

Les auteurs le reconnaissent : cette étude ne constitue que des travaux préliminaires au vu du nombre de sujets assez restreint sur lequel elle a porté. Elle permet néanmoins d’alerter sur l’impact des polluants présents dans l’environnemental comme les pesticides, sur la maladie d’Alzheimer.

 


Référence de l’étude :

Jason R. Richardson, Ananya Roy, Stuart L. Shalat,Richard T. von Stein, Muhammad M. Hossain, Brian Buckley, Marla Gearing, Allan I. Levey, Dwight C. German, Elevated Serum Pesticide Levels and Risk for Alzheimer Disease, AMA Neurol. January 27, 2014.



Pour en savoir plus, vous pouvez consulter nos synthèses scientifiques sur le jardin

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