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Les fringues qui tuent

Écrit par J. Maherou, S. Norest & L.Ferrer Créé le mardi 20 novembre 2012 12:57

Depuis plusieurs années, l’industrie textile fait appel à certaines molécules chimiques potentiellement toxiques pour l'homme. Ces dernières entrent dans les procédés de fabrication, les teintures, les motifs décoratifs... et sont utilisées pour certaines de leurs caractéristiques telles que l'effet infroissable, imperméable ou encore anti-odeur. Quels sont ces substances qui envahissent nos vêtements et quels sont les risques pour notre santé ? L’ASEF fait le point sur ces vêtements à risques.

 

 

Substances chimiques dans les vêtements : quels impacts pour ma santé ?

 

Les éthoxylates de nonylphénol


Selon un rapport[1] de Greenpeace du 23 août 2011, 14 marques de vêtements proposent à la vente des articles qui contiennent des traces d'éthoxylates de nonylphénol (NPE), une substance qui, une fois rejetée dans l'environnement, devient très toxique. Sur 78 échantillons de vêtements analysés, 52 ont présenté des traces de NPE. Ces 52 échantillons ont été fabriqués dans 17 pays dont la Chine, le Vietnam, la Malaisie et les Philippines et proviennent des lignes de production de 14 grandes marques: Abercombie & Fitch, Adidas, Calvin Klein, Converse, G-Star RAW, H&M, Kappa, Lacoste, Li Ning, Nike, Puma, Ralph Lauren, Uniqlo and Youngor.

Les NPE sont des produits chimiques fréquemment utilisés comme détergents dans de nombreux processus industriels et dans la production de textiles naturels et synthétiques. Déversés dans les égouts lors de leur fabrication et du lavage des vêtements, ils se décomposent en nonylphénol (NP), un sous-produit très toxique. Bioaccumulable et relativement persistant, le NP s'accumule au sein des organismes vivants, menaçant ainsi leur fertilité, leur système de reproduction et leur croissance, même à faible concentration. Considéré comme perturbateur endocrinien, il peut également être néfaste pour la santé humaine.

En raison de leur toxicité pour l’environnement, les NPE et le NP sont interdits en Europe depuis 2005 dans les vêtements à une concentration supérieure à 0,1% en masse.

En 2012, Greenpeace a de nouveau mené une enquête sur les vêtements. Elle a acheté puis testé plus de 140 vêtements (jeans, pantalons, tee-shirts, robes et sous-vêtements), fabriqués dans 29 pays, notamment en Chine, au Vietnam, en Malaisie et aux Philippines. Des NPE ont été retrouvés dans 63% des articles analysés. Les concentrations les plus élevées ont été décelées dans des vêtements des marques C&A, Mango, Levi’s, Zara, Calvin Klein, Metersbonwe, Jack & Jones et Marks & Spencers.

Ils ont également détectés des phtalates dans 31 articles comportant des impressions "plastisol". Pour en savoir plus, consultez notre article…

A peine deux semaines après la publication de cette enquête, Zara, le premier vendeur mondial de vêtements, a pris l’engagement d’exclure l’ensemble des substances chimiques dangereuses de sa chaîne de production. La marque espagnole s’est engagée à renforcer l’application de sa politique d’interdiction des nonylphénols. Elle propose aussi un calendrier d’élimination à court terme des substances chimiques les plus dangereuses comme les PFC (composés perfluorés) et les colorants azoïques, susceptibles de se dégrader en amines aromatiques cancérigènes.

Zara annonce ainsi que d’ici fin 2013, au moins 100 de ses fournisseurs des pays du sud (dont 40 situés en Chine), rendront publiques les données relatives à leurs rejets de produits dangereux dans l’environnement. Ces données publiques détailleront les chiffres produit par produit, usine par usine, année après année.

Quelques jours après Zara, la célèbre marque de jeans, Levi’s a également présenté des engagements pour éliminer le rejet des produits chimiques dangereux de sa chaîne de production d’ici 2020. Levi’s annonce qu’il demandera à ses fournisseurs (qui détiennent chacun de nombreuses usines) en Chine, au Mexique et ailleurs dans le monde, de publier leurs données en matière de pollution et ce, dès fin juin 2013. Cette demande sera étendue à 25 autres fournisseurs à fin 2013 …

Les riverains qui vivent à proximité de ces usines auront enfin accès à ces informations cruciales sur les rejets qui les concernent.

 

Le formaldéhyde


Le formaldéhyde, un composé organique volatil (COV) est souvent présent dans les vêtements synthétiques, car il confère aux tissus leurs propriétés : infroissable, résistant et hydrofuge.

Les effets du formaldéhyde sur la santé sont maintenant bien connus. Le formaldéhyde étant un gaz très volatil, il peut facilement entrer en contact avec les yeux ou le nez et engendrer des irritations oculaires et des voies respiratoires. Il est également possible que de faibles expositions au formaldéhyde puissent accroître, à long terme, le risque de développer des pathologies asthmatiques et des sensibilisations allergiques[2]... Des effets loin d’être négligeables car ils peuvent, à terme conduire au développement de cancers. En 2004, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a d’ailleurs classé le formaldéhyde dans le groupe 1 « substance cancérogène avérée pour l’homme » pour les cancers du nasopharynx par inhalation.

Le formaldéhyde présent dans les vêtements est également irritant pour la peau et peut alors déclencher des réactions allergiques, eczéma et dermites de contact (inflammation de la peau) principalement. Outre les vêtements, on retrouve ce polluant dans les oreillers, les draps, les rideaux, les meubles, ou encore certains produits cosmétiques.

Concernant la réglementation, au Japon, un vêtement au contact de la peau ne peut pas être commercialisé au-delà de 75 ppm de formaldéhyde et de 20 ppm pour les vêtements pour bébés.

En France, les vêtements pour bébés entrant en contact avec la peau ne doivent pas contenir plus de 20 ppm de formaldéhyde. Les textiles en contact direct avec la peau ne doivent pas contenir plus de 100 ppm et ceux qui ne sont pas en contact direct avec la peau peuvent contenir jusqu’à 400 ppm.

L’Allemagne, quant à elle, prévoit une obligation d’étiquetage pour les vêtements entrant en contact avec la peau et libérant plus de 1500 ppm de formaldéhyde, qui doivent porter l’inscription « contient du formaldéhyde. Nous vous recommandons de laver ce vêtement avant de le porter pour éviter toute irritation de la peau ».

 

Composés perfluorés

paniere a linge synthese textileLes vêtements peuvent contenir des composés perfluorés (PFC) telles que les fibres téflon qui, comme le formaldéhyde, donnent aux pantalons, jupes et autres vêtements leurs qualités infroissables et imperméables. Considérés comme perturbateurs endocriniens, les PFC interfèrent avec le fonctionnement de la glande thyroïde et imitent les œstrogènesL’exposition in vitro à ces composés, qui s’accumulent dans l’organisme pourrait entrainer des petits poids à la naissance.

Ils seraient également responsables de retards développementaux, de changements comportementaux, de développement anormal des glandes mammaires, ainsi que de la réduction du niveau de testostérone.

Une étude publiée en 2012 a montré que l’exposition in vitro à l’un de ces composés perfluorés, l’acide perfluorooctanoïque (PFOA) favorise le surpoids des femmes à l’âge de 20 ans. En savoir plus sur cette étude...

Une autre étude[3] a démontré que l’exposition à ce même composé, ainsi qu’au perfluoro-octane sulfonate (PFOS) pourrait diminuer l'efficacité de la vaccination pédiatrique contre la diphtérie et le ténanos.

Ces composés sont également utilisés comme traitements anti-tâches et imperméabilisants pour tapis, moquettes et meubles, ainsi que comme revêtements antiadhésifs pour ustensiles de cuisine.

Attention donc aux vêtements portant la mention « sans repassage » qui peut traduire la présence de formaldéhyde ou de produits perfluorés.

 

Retardateurs de flamme

Les retardateurs de flamme sont des substances chimiques ajoutées aux matériaux lors de la fabrication afin de réduire le risque d’incendie. En fait, ils améliorent tout simplement la résistance au feu des produits. Ils sont présents dans différents équipements électroniques (téléviseurs, ordinateurs), les matelas, les tissus, les meubles mais aussi dans les vêtements de protection et les pyjamas…

Ils résistent aux lavages et perturbent, entre autres, le développement neurologique et la fertilité. Les retardateurs de flamme les plus utilisés sont les polybromodiphényles éthers (PBDE). Il s’agit de composés bromés, connus pour leurs effets nocifs pour la santé. Suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, ils seraient également responsables de troubles de développement du système nerveux (autisme, hyperactivité, déficit d’attention, trouble de comportement...). Plusieurs études[4],[5] ont montré l’action de ces retardateurs de flamme bromés sur les hormones thyroïdiennes. Ces hormones sont essentielles au fonctionnement du système nerveux chez l’adulte et favorisent son développement chez le fœtus et le nourrisson. C’est pourquoi, même une exposition in utero peut affecter le neuro développement des enfants... Cela a été mis en évidence par une étude[6] publiée en 2009. Les chercheurs ont analysé les taux d’exposition prénatale aux retardateurs de flammes (PBDE) en mesurant la concentration dans le sang du cordon ombilical à la naissance. Ils ont ensuite suivi le développement neurologique des enfants entre 1 et 4 ans puis à l’âge de 6 ans.

Les enfants présentant à la naissance les concentrations en PBDE les plus élevées avaient les résultats les plus bas aux tests de développement physique et mental réalisés entre 1 et 6 ans. Ces effets sur le développement étaient particulièrement remarquables à l’âge de 4 ans, où les résultats des tests de QI et de niveau verbal ont été réduits de 5,5 à 8 points pour ceux qui avaient eu la plus forte exposition prénatale.

 

Colorants

Les vêtements contiennent très souvent une multitude de colorants pouvant provoquer des réactions cutanées allergiques(dermatite de contact), des dommages au foie et aux reins, voire des cancers. Les colorants azoïques sont particulièrement dangereux car ils représentent un risque élevé de cancer tant pour les personnes travaillant la teinture des fibres textiles que pour les personnes portant les vêtements. Depuis la fin des années 1960, les fabricants européens ont progressivement abandonné la fabrication des colorants azoïques dangereux compte tenu de leur caractère cancérigène avéré. La réglementation européenne les a proscrits en 2002. Mais ce n’est pas le cas tous les autres pays. Du fait de leur très bon rapport coût-efficacité, ces colorants continuent d’être régulièrement utilisés dans la fabrication de vêtements dans de nombreux pays.

 

Coton

Le coton lui-même serait également dangereux à cause des résidus de pesticides et des traitements divers (sa culture absorbe 25 % des pesticides dans le monde), sans compter les ajouts ultérieurs et multiples de produits chimiques lors de sa transformation. Selon l’OMS, 1,5 millions de travailleurs du coton seraient victimes chaque année d’intoxications graves du fait de cette utilisation et près de 30 000 en meurent.

 

Le diméthylfumarate

Le diméthylfumarate (DMF), ou fumarate de diméthyle est une substance produite par l’industrie chimique qui se présente à température ambiante sous forme de cristaux blancs presque inodores. Il présente des propriétés antifongiques (anti-moisissures), c'est-à-dire qu’il détruit et évite le développement de champignons. Ainsi, il est utilisé dans certains pays (notamment du Sud-Est asiatique) pour favoriser la conservation de semences, de textiles et de mobilier, principalement lors des opérations de stockage et de transport. Les cristaux de DMF sont contenus dans des sachets placés soit à l’intérieur de l’article lui-même, par exemple à l’intérieur du rembourrage d’un fauteuil, soit dans l’emballage du produit, dans une boite à chaussures par exemple. Le DMF placé dans ces sachets peut imprégner les produits eux-mêmes : cuir des chaussures, tissus, etc. Il est possible que certaines matières premières (cuirs, tissus, rembourrage) soit également traitées directement avec du DMF avant la fabrication de l’objet. Cette substance chimique n'est plus autorisée dans l'Union européenne depuis 2009. En France, le DMF est même interdit depuis décembre 2008, avec la signature par le secrétaire d'Etat à la consommation de l'époque, Luc Chatel, d'un arrêté de suspension de l'importation de tout produit contenant du diméthylfumarate sur le territoire français. Le DMF est connu pour ses propriétés allergisantes. Le contact avec des produits (fauteuils, chaussures, vêtements…) contaminés avec cette substance peut entraîner, principalement au niveau des zones de la peau ayant été en contact, des lésions de type dermatose de contact : irritation, éruption cutanée, démangeaisons, phlyctènes (cloques)...Le maintien du contact avec l'objet contaminé empêche la régression des symptômes, voire les aggrave. Pour savoir si une personne est sensibilisée au DMF, il est possible de réaliser un test épicutané (application de la substance sur la peau, puis observation de la réaction éventuelle).

Malgré son interdiction depuis 2008, une dizaine de cas d’allergie au DFM sont signalés chaque année. Le cas le plus récent d’allergie a été observé en novembre 2012 dans la ville de l’Aigle (Orne). Une fillette de 4 ans a subi une violente dermatose allergique après avoir revêtu une robe fabriquée en Chine qui contenait du DMF. Au bout de quelques heures, son visage était gonflé et son corps était entièrement recouvert de grosses plaques rouges. Sa mère l’a donc immédiatement emmenée aux urgences du CHU de Caen et les dermatologues ont décelé une allergie au DMF. Les plaques étaient apparues au niveau du vêtement avant de se propager. Plusieurs cas de contamination par des fauteuils chinois ont également été détectés en Finlande et au Royaume-Uni dès 2007. En 2008, des bottes fabriquées en Chine avaient déjà provoqué des réactions allergiques. Une vingtaine de consommateurs de toute la France se manifestent et évoquent des brûlures, des démangeaisons, des eczémas importants voire des infections nécessitant une hospitalisation. La même année, des fauteuils commercialisés chez Conforama avaient aussi contaminé plusieurs clients, contraints d’être traités avec des crèmes à base de corticoïdes. L’enseigne avait ainsi rappelé plusieurs milliers de fauteuils importés de Chine. Il s’agissait de produits importés illégalement qui avaient échappé aux contrôles des douanes. Pour en savoir plus, cliquez ici !

 

Les cibles idéales...

 

Les enfants

En janvier 2009, l’Institut national de la Consommation (INC) a mené une étude[7] sur la composition des vêtements pour enfants. Au total, 40 T-shirts pour enfants ont été testés et 9 comportaient un taux de phtalates supérieur à la nouvelle réglementation européenne Reach, en vigueur depuis fin 2008, soit plus de 0,1% sur l'ensemble du vêtement. Ces T-shirts avaient été achetés dans des enseignes diverses, telles que Gap, Okaïdi, Auchan, La Halle, Babou, Kiabi et Gemo.

Les phtalates, utilisés par les fabricants pour assouplir les plastiques, sont souvent présents sur les dessins, inscriptions et décorations collés sur les vêtements. Ils peuvent provoqués des irritations cutanés et des effets plus graves encore lorsque les vêtements sont portés à la bouche.

Les phtalates sont des perturbateurs endocriniens, c’est-à-dire qu’ils entravent le développement des organes sexuels. Une récente étude[8] a d’ailleurs montré que l'exposition des testicules de l'homme adulte aux phtalates, entraîne une inhibition de la production de la testostérone et seraient responsables de la réduction des testicules chez l'adulte. Les expériences ont été menées sur des testicules d’adultes humains exposés in vitro au MEHP (Mono(Ethylhexyl)-phtalate), le métabolite actif du DEHP (di- (2 éthylhexyl) phtalate). Les chercheurs ont ainsi constaté que ces composants réduisent de 30 % la production de testostérone par rapport à des testicules non exposés. Cependant, les petites filles sont elles aussi concernées par les effets des phtalates. Une étude[9] de 2010 et menée auprès de 1 100 petites filles âgées entre 6 et 8 ans, a montré que les phtalates seraient responsables de puberté précoce.

Certaines études les impliquent également dans l’apparition du cancer. En effet, une étude[10] de 2010, en analysant des échantillons d’urine de 221 femmes mexicaines, a permis de constater que les taux de phtalates étaient plus élevés chez les femmes atteintes d’un cancer du sein que chez le groupe témoin.

L'étude de l’INC a également montré un taux élevé de résidus chimiques alcalins, potentiellement irritants. En effet, pour obtenir des T-shirts d'un blanc immaculé, les industriels de la filière textile utilisent des produits à forte teneur alcaline. L’INC a donc recommandé aux parents de laver systématiquement les vêtements pour enfants avant usage afin d'éviter les risques d'irritation liés à ces résidus chimiques. En revanche, les phtalates, eux ne disparaissent pas au lavage...

 

Les sportifs

 

Les maillots de l’Euro 2012

Maillots-Equipes-Euro-2012Seulement trois jours avant le coup d’envoi de l’Euro 2012, le Bureau Européen des associations de consommateurs (BEUC) basé à Bruxelles a révélé que les maillots officiels des équipes qualifiées pour l’Euro 2012 contenaient des produits toxiques. Après avoir testé neuf maillots officiels de l’Euro 2012 vendus aux supporters, tous se sont avérés contenir des niveaux inquiétants de produits chimiques tels que plomb, nickel ou des composés chimiques anti-odeur.

Le plomb, a été retrouvé dans six des neuf maillots testés. Ont ainsi été concernés les équipes d’Espagne, d’Allemagne, d’Ukraine, de Russie, de France et d'Italie. Cela est d’autant plus inquiétant que dans les maillots de l’Espagne et de l’Allemagne, le plomb dépasse le niveau légal pour les produits destinés aux enfants. Inhalé ou ingéré, le plomb peut entrainer des problèmes de fertilité, des avortements spontanés ou des atteintes du système nerveux. Ce métal lourd est particulièrement nocif pour les femmes enceintes et les enfants.

La présence de plomb pose également un problème pour l'environnement, car, lors de lavages en machine des maillots, l'eau peut-être contaminée.

Le nickel, un autre métal retrouvé dans ces maillots, est utilisé comme mordant pour textile, c’est-à dire qu’il lie la fibre textile et le colorant. A fortes doses, le nickel peut présenter des risques pour la santé. L’absorption de nickel augmente le risque de développer un cancer des poumons, du larynx et de la prostate. Elle peut induire nausées, vomissements et vertiges après une exposition au gaz, troubles de la respiration ou encore problèmes cardiaques. Quant aux maillots du pays d’accueil, la Pologne, ils contenaient un composé d’organo-étain - utilisé pour éviter les odeurs de sueur - dans des doses plus élevées que la limite légale.

Ces composés sont généralement utilisés comme agents catalytiques, stabilisants industriels en plastique, revêtements de verre, pesticides ou encore comme biocides pour peintures antisalissure sur les navires. Ils sont également utilisés dans les textiles pour ces propriétés bactéricides et acaricides. Dans l’environnement, les organoétains sont toxiques pour les animaux aquatiques, et en particulier pour les algues et les mollusques. Chez l'homme, une intoxication par ces composés peut entrainer des effets sur le système nerveux et provoquer ainsi des maux de tête, des vertiges, des troubles sensoriels auxquels peut s'ajouter une encéphalopathie. Le BEUC a également indiqué que le nonylphénol a été retrouvé dans des maillots en Espagne et en Italie.

Consultez notre article pour en savoir plus !

 

Des vêtements aux nanoparticules

L’industrie textile recourt parfois aux nanotechnologies pour améliorer ses produits (propriétés thermiques, antiplis) et leur résistance à l’eau, au feu ou à l’abrasion. C’est le cas des vêtements de sport dont des nanoparticules métalliques, d’argent notamment, sont intégrées aux fibres afin de donner des propriétés bactéricides au tissu et de lutter contre les mauvaises odeurs. Ces nanoparticules d’argent sont également présentes aujourd’hui dans de nombreux produits (électroménager, pansements, sous-vêtements…). La présence de ces nanoparticules dans les vêtements présentent à la fois des risques pour la santé, mais aussi pour l’environnement. Lors du lavage des vêtements contenant des nanoparticules, ces dernières sont libérées dans l’environnement et entrainent des effets néfastes sur les écosystèmes.

Selon l’avis[11] de l’Anses du 15 mars 2010, qui a étudié le cas des chaussettes anti-odeur, pour l’environnement, la dispersion de nanoparticules attendue est qualifiée d’importante. L’Anses estime qu’une chaussette libère environ 144 milligrammes de nanoparticules lors d’un lavage. En considérant qu’un Français sur dix utilise des chaussettes anti-transpiration et qu’il achète 10 paires par an, leur lavage entraînerait le relarguage annuel de 18 tonnes de nanoargent dans les milieux aquatiques ! Or, les nanoparticules présentent par rapport à leur masse une surface énorme, ce qui augmente leur capacité d’interactions avec les organismes vivants. Même, s’il n’est pas aujourd’hui mesurable le risque pour l’environnement, en particulier pour les compartiments aquatiques, devrait faire l’objet d’une attention particulière.

En ce qui concerne les effets sur la santé, ils sont encore peu connus mais on sait que les nanoparticules ont des niveaux d’interaction et de pénétration plus importantes que leurs homologues macro. Néanmoins, aucune étude n’a encore démontré que les nanoparticules présentent dans les vêtements peuvent pénétrer dans la peau. Les nanoparticules sont notamment susceptibles d’altérer les cellules voire de les détruire et peuvent entrainer des lésions dans l’ADN, conduisant éventuellement à des mutations ou des allergies[12].

Pour en savoir plus sur les nanoparticules, consultez notre synthèse "Les nanoparticules, petites mais toxiques?"

Par prévention, il est préférable pour les sportifs de ne pas utiliser de vêtements anti-transpirant, d’autant plus que transpirer permet de réguler la température corporelle. C’est donc un phénomène naturel indispensable pour le bon fonctionnement de notre organisme. Pour se protéger des vêtements toxiques, il est recommandé de toujours nettoyer les vêtements neufs avant utilisation et de privilégier les fibres naturelles avec des labels écologiques "sans solvant" ou "Oeko-Tex". Evitez également les vêtements portant des motifs en plastique ou trop colorés dont leur fabrication a forcément nécessité l’utilisation de nombreux produits chimiques.


Références bibliographiques :

[1] Greenpeace, Dirty Laundry 2 : Hung Out to Dry, Août 2011.

[2] INRS, Le point des connaissances sur le formaldéhyde, janvier 2008

[3] Grandjean P, Andersen EW. « Serum Vaccine Antibody Concentrations in Children Exposed to Perfluorinated Compounds. JAMA January 25, 2012, Vol. 307, No. 4, pp. 391-397

[4] Ibhazehiebo K, Iwasaki T, Kimura-Kuroda J, Miyazaki W, Shimokawa N, Koibuchi N., Disruption of thyroid hormone receptor-mediated transcription and thyroid hormone-induced, Environ Health Perspect. 2011 Feb;119(2):168-75.

[5] Ibhazehiebo K, Iwasaki T, Okano-Uchida T, Shimokawa N, Ishizaki Y, Koibuchi N.Neurotoxicology. Suppression of thyroid hormone receptor-mediated transcription and disruption of thyroid hormone-induced cerebellar morphogenesis by the polybrominated biphenyl mixture, BP-6. Neurotoxicology. 2011 Aug;32(4):400-9.

[6] Herbstman JB, Sjödin A, Kurzon M, Lederman SA, Jones RS, Rauh V, et al. 2010. Prenatal Exposure to PBDEs and Neurodevelopment. Environ Health Perspect :-. doi:10.1289/ehp.0901340

[7] 60 millions de consommateurs, des phthalates dans les vêtements pour enfants, février 2009.

[8] Desdoits-Lethimonier C, Albert O, Le Bizec B, Perdu E, Zalko D, Courant F, Lesné L, Guillé F, Dejucq-Rainsford N, Jégou B., Human testis steroidogenesis is inhibited by phthalates, Hum Reprod. 2012 Mar 8

[9] Wolff MS, Teitelbaum SL, Pinney SM, Windham G, Liao L, Biro F, Kushi LH, Erdmann C, Hiatt RA, Rybak ME, Calafat AM; Breast Cancer and Environment Research Centers., Investigation of relationships between urinary biomarkers of phytoestrogens, phthalates, and phenols and pubertal stages in girls. Environ Health Perspect. 2010 Jul;118(7):1039-46.

[10] López-Carrillo L, Hernández-Ramírez RU, Calafat AM, Torres-Sánchez L, Galván-Portillo M, Needham LL, Ruiz-Ramos R, Cebrián ME., Exposure to phthalates and breast cancer risk in northern Mexico. Environ Health Perspect. 2010 Apr;118(4):539-44.

[11] Avis de l’Agence française de sécurité sanitaire, de l’environnement et du travail relatif à « Évaluation des risques liés aux nanomatériaux pour la population générale et dans l'environnement », 15 mars 2010.

[12] Vega-Villa KR, Takemoto JK, Yanez, JA Remsberg CM, Forrest ML, Davies NM. Clinical toxicities of nanocarrier systems. Adv Frug Deliv Rev.(2008).

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