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Obésité : quelles conséquences sur la santé?

Écrit par J.Maherou Créé le vendredi 19 juillet 2013 08:00

obésité A la télé, dans la rue, aux supermarchés : nous sommes très souvent tentés par des aliments trop gras, trop salés ou trop sucrés. Conséquence : nous empilons les kilos! Au-delà des problèmes esthétiques que cela peut poser, l’obésité est une véritable menace pour la santé. Diabète, maladies cardio-vasculaires, problèmes articulaires, cancers, autant de pathologies favorisées par l’excès de poids. A l’occasion de la publication de son étude sur l’alimentation des enfants, l’ASEF a fait le tour de cette question de poids…


Obésité et surpoids : de quoi s’agit-il ?


Le surpoids et l’obésité se définissent comme une accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle, ayant des conséquences sur la santé.


Quelles sont les causes ?

obésité causes

Généralement, les problèmes de surpoids surviennent lorsqu’on consomme plus de calories que ce que l’on en dépense…. L’augmentation de la taille des portions et la consommation d’aliments très caloriques riches en graisses et en sucres favorisent la surcharge pondérale. Il est également évident que nos activités étant de plus en plus sédentaires nous dépensons moins de calories…. Travail, transports, mais aussi loisirs sont de plus en plus mécanisés… La sédentarité est souvent associée au temps passé devant un écran de télévision ou d’ordinateur, et notamment chez les enfants – grands consommateurs de jeux vidéo.

Une étude[1] menée en 2010 par le Ministère de la santé, la jeunesse et les sports a montré que les enfants qui passent plus d’une heure par jour devant un écran ont un risque de surpoids supérieur de 30 % à ceux qui y passent moins d’une heure !

enfant-téléUne autre étude[2] menée sur 1 362 enfants de 10 à 13 ans a même montré que les enfants qui regardent la télévision plus de deux heures par jour avaient 3 fois plus de risque d’être obèses que les enfants qui la regardent moins d’une heure par jour. Cette étude s’est également intéressée au lien entre le mode de transport des enfants pour aller à l’école et l’obésité. Les chercheurs ont constaté que les enfants qui vont à l’école à pied tous les jours ont 20% de risque en moins d’être obèse que ceux qui s’y rendent en voiture.

Mais l’excès d’apports énergétiques et l’insuffisance des dépenses ne suffisent pas toujours à expliquer une prise de poids. La génétique a aussi sa part de responsabilité. L’obésité peut donc s’avérer héréditaire. Un enfant ayant un parent obèse présente un risque de 40% de le devenir et 80% si les deux parents le sont[3].

 

Comment savoir si on est obèse ou en surpoids ?

balance IMC2

Selon les époques, les pays et les milieux sociaux, la notion de surpoids et d’obésité n’est pas toujours identique. Alors comment savoir si nous avons seulement quelques kilos en trop, ou s’il s’agit d’une obésité qui est un réel problème pour la santé ?

Et bien il existe un outil international : l’IMC (Indice de Masse Corporelle), qui permet d’évaluer votre corpulence et les risques éventuels sur votre santé. Il prend en compte le poids, mais aussi la taille, car le poids à lui seul ne suffit pas à diagnostiquer une obésité ou un surpoids : ce n'est pas la même chose que de faire 80 kilos si l'on fait 1m 50 ou 1m 80...

L’IMC se calcule en divisant le poids par la taille au carré :

  

IMC = Poids (en kg)/ Taille2 (en m2)

 

 

IMC en kg/m2 Corpulence
Moins de 16,5 Dénutrition
Entre 16,5 et 18,5 Maigreur
Entre 18,5 et 25 Corpulence normale
Entre 25 et 30 Surpoids
Entre 30 et 35 Obésité modérée
Entre 35 et 40 Obésité sévère
Au-delà de 40 Obésité morbide

 

 

Pour évaluer les risques liés à l’excès de masse grasse, le calcul de l’IMC est complété par la mesure du tour de taille. Mais, si cet indice est fiable pour les adultes de 20 à 65 ans, il ne l’est plus chez les femmes enceintes ou qui allaitent, les athlètes d'endurance ou les personnes très musclées. Chez l’enfant, il faut se référer aux courbes de croissance présentes dans les carnets de santé.

 

Les chiffres


Dans le monde

obésité mondeÀ l’échelle mondiale, le nombre de cas d’obésité a doublé depuis 1980. Plus de 500 millions de personnes de plus de 20 ans sont obèses et 1,4 milliard sont en surpoids. Un surpoids qui concerne également près de 40 millions d’enfants de moins de 5 ans.

Les États-Unis figurent en haut du classement avec un tiers de la population obèse et un autre tiers en surcharge pondérale. Malgré tout, les pays en voie de développement ne sont pas épargnés.

D’après une étude internationale publiée en 2012, l'obésité et le surpoids sont les facteurs de risque de mortalité qui connaissent la plus forte croissance. Classés à la 10ème place en 1990, ils passent à la 6ème cause de mortalité en 2010 avec plus de 3 millions de décès par an. A l’inverse, le manque de nourriture induirait 1 million de décès. Une alimentation excessive et de mauvaise qualité entrainerait donc trois fois plus de décès que la sous-nutrition !

 

En France

Selon la 6e édition de l'étude ObEpi-Roche[4] de 2012, réalisée auprès de 27 131 individus âgés de 15 ans et plus, l'obésité touche 15% de la populationobésité france adulte, ce qui correspond à un peu plus de 6,9 millions d'obèses, soit environ 3,3 millions de plus qu'en 1997. L’IMC moyen suit la même tendance : il est passé de 24,3 en 1997 à 25,4 en 2012. Le surpoids, quant à lui, touche 32,3% de la population, soit 14,8 millions de Français.

Cette étude a également mis en évidence des disparités entre les régions françaises. En 2012, 4 régions affichent des taux de prévalence élevés : le Nord-Pas de Calais est la région la plus touchée avec 21,3% de personnes obèses, soit 40% de plus que la moyenne, suivi de la Champagne-Ardenne, la Picardie et la Haute Normandie avec des prévalences respectives de 20,9%, 20 % et 19,6%. A l’inverse, les régions les moins touchées sont les régions Midi-Pyrénées (11,6%), PACA (11,7%) et Pays de la Loire (11,8%).

Chez les enfants, les problèmes de poids sont également présents. En France, l’obésité et le surpoids concerneraient respectivement 3,5 % et 14,5 %[5] d’entre eux. Si la situation est installée à la puberté, le risque de rester en surpoids ou obèse est élevé : entre 20 et 50% avant la puberté et entre 50 et 70% après la puberté, d’où l’importance d’une prise en charge précoce.

 

Les inégalités sociales

obésité enfantL’obésité ne touche pas de la même façon les différentes catégories sociales. Elle est deux fois plus répandue dans les catégories les moins favorisées (16,7 % chez les ouvriers, 16,2 % chez les employés) que dans les catégories plus aisées (8,7 % pour les cadres supérieurs). Et cela se ressent également chez les enfants : selon l’étude du Ministère de la santé, en 2005-2006, la surcharge pondérale concernait 13,9 % des écoliers dont le père est ouvrier contre 8,6% pour ceux dont le père est cadre. De même, en ZEP (Zone d’Education Prioritaire), 15,9 % des élèves ont un IMC supérieur à la normale, contre 11,9 % quand l’école est hors ZEP et 9,2 % pour les enfants scolarisés dans le privé.

 

Les pathologies qui en découlent


L’obésité augmente fortement les risques de développer certaines maladies sans compter les répercussions psychologiques. Selon l’OMS, dans le monde, 44% des diabètes, 23% des cardiopathies ischémiques et de 7% à 41% de certains cancers sont attribuables au surpoids et à l’obésité !


Diabète

Aujourd'hui, le diabète est la complication de l'obésité la plus répandue dans le monde.diabète2

Petit rappel : le diabète est une maladie qui apparaît lorsque le pancréas ne produit pas suffisamment d’insuline ou que l’organisme n’utilise pas correctement l’insuline qu’il produit. L’insuline est une hormone qui régule la concentration de sucre dans le sang. Ainsi, lorsque l’insuline ne joue plus son rôle, le taux de sucre dans le sang augmente, c’est ce qu’on appelle l’hyperglycémie. Avec le temps, le diabète peut endommager le cœur, les vaisseaux sanguins, les yeux, les reins et les nerfs.

Dans le cas de l’obésité, c’est l’excès des cellules adipeuses qui va à l’origine du diabète. Ces cellules produisent des acides gras libres qui vont perturber l'action de l'insuline. Cette hormone va être de moins en moins efficace - c’est ce qu’on appelle l’insulino-résistance - et le taux de sucre ne va plus être régulé. C'est un cercle vicieux, car cette résistance favorise le stockage des graisses et empêche leur utilisation.

 

Maladies cardiovasculaires

L’obésité est à l’origine d’un dépôt de graisse sur les parois internes des vaisseaux sanguins alimentant les organes vitaux. Ce dépôt empêche le sang de parvenir au cœur ou au cerveau, et provoque ainsi des troubles cardiovasculaires telles que les infarctus et les AVC (Accident Vasculaire Cérébral). L’hypertension artérielle, elle-même liée à l’obésité, peut aussi être un facteur de risque. Plus l’obésité survient précocement, plus le risque cardiovasculaire est important.

Une étude[6] a en effet montré que pour les hommes obèses à 20 ans, le risque de d’hypertension, d’infarctus du myocarde et de décès est multiplié par 2 par rapport aux hommes de corpulence normale. Et plus un jeune adulte va rester obèse longtemps, plus son risque de maladie cardiaque à l'âge mûr est élevé. Selon une étude[17] publiée en juillet 2013, chaque année supplémentaire d'obésité générale ou abdominale augmente le risque de calcification respectivement de 2 et 3%.

maladie coeurOn sait que c’est plus précisément la graisse abdominale aussi appelée graisse viscérale, celle qui se trouve à l'intérieur de notre ventre entre les organes, qui serait la plus néfaste pour notre santé. Un tour de taille supérieur à 100 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme (en dehors de la grossesse) est associé à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires.

Une étude[7] américaine portant sur 101 765 adultes a montré que les participants dont l'obésité abdominale était la plus élevée ont présenté un risque cardiovasculaire accru de 42% (hommes) et de 44% (femmes) par rapport à ceux dont le tour de taille était le plus faible. C’est la raison pour laquelle, lors de l’évaluation des risques pour la santé, le calcul de l’IMC est en général complété par une mesure du tour de taille.

 

Syndrome d’apnée du sommeil

sommeil

L’apnée du sommeil est une maladie respiratoire qui peut avoir de graves conséquences sur la santé. Elle se manifeste par des arrêts involontaires de la respiration pendant le sommeil car le passage de l’air dans les voies respiratoires est bloqué. A chaque apnée, qui peut durer entre 10 et 30 secondes, le cœur et le cerveau subissent un stress. Le sommeil est ainsi perturbé et cela se traduit principalement par une fatigue au réveil, des maux de tête ou une somnolence pendant la journée.

Ce phénomène s'explique en partie par le dépôt de graisse au niveau du système respiratoire qui provoquerait une diminution ou un arrêt du flux respiratoire. Près de 40% des obèses sont concernés et 70% des patients souffrant d'un symptôme d'apnée du sommeil sont obèses.

 

Problème d’articulation

genouLa surcharge pondérale augmente la pression sur toutes les articulations qui portent l’organisme. Cela peut conduire à des maladies articulaires dont les plus répandues sont les arthroses. Elles se caractérisent par la destruction du cartilage qui s’étend à toutes les structures de l'articulation, notamment l’os. Le cartilage, qui tapisse les extrémités osseuses d’une articulation et leur permet de glisser l’une sur l’autre, perd en épaisseur, se fissure et finit par disparaître, entraînant des douleurs et un handicap majeur avec une perte de mobilité. Toutes les articulations peuvent subir ces conséquences, mais l’arthrose la plus fréquente est celle du genou, aussi appelée la gonarthrose. Plus le poids est excessif, plus le risque de souffrir plus tard d'une arthrose du genou est important. A l'inverse une diminution de poids peut réduire la survenue de la gonarthrose. Une étude[8] a en effet montré qu’une perte de poids de 500 g correspond à une diminution de près de 2 kg de la charge exercée sur les articulations à chaque pas…

 

Cancers

Toutes les études convergent pour montrer que le surpoids est un facteur de risque de certains cancers (sein, côlon, appareil digestif). En France, 1,4 à 3 % des cancers chez l'homme et 2,3 à 6 % chez la femme sont attribuables au surpoids et à l'obésité. De plus, il a été estimé qu'en 2000 sur notre territoire, environ 2 300 décès par cancer ont été attribuables à ces facteurs de risque.

Les risques de récidive, de seconds cancers sont également augmentés en cas d’excès de poids. Ainsi, les femmes obèses au moment du diagnostic de cancer du sein ont un risque de mortalité majoré de 30 % par rapport aux femmes non-obèses[9].

D’ailleurs, le lien entre l’IMC et l’incidence du cancer du sein est bien établie chez les femmes ménopausées. Pour une augmentation de l’IMC de 5, l’augmentation de risque de cancer du sein après la ménopause est estimée entre 12 et 13 %. Une étude[10] portant sur plus d’un million de femmes a montré que le surpoids et l’obésité augmentent le risque de cancer du sein de respectivement 21% et 29%.

On a observé les mêmes tendances pour le cancer colorectal. D’après une étude[11], un individu présentant un IMC supérieur ou égal à 30 a 41% de risque en plus de développer un cancer colorectalgraisse abdominale qu’un individu ayant un IMC inférieur à 23. Une étude[12] publiée en 2013 a montré que c’est encore une fois la graisse abdominale qui favorise le cancer du côlon. Les chercheurs ont réparti des souris en 3 groupes : le premier groupe a mangé de manière illimitée - ce qui les a rendu obèse, le second a été soumis au même régime alimentaire sans restriction, mais la graisse viscérale a été supprimée par chirurgie au début de l'étude, et le troisième groupe n’a eu accès qu’à seulement 60% des calories consommées par les autres souris. Les scientifiques ont alors constaté que les souris du premier groupe, obèses sont celles qui ont développé le plus grand nombre de tumeurs intestinales et qui ont vécu le moins longtemps.

De nombreuses autres études ont également établi un lien entre cancer du rein, du pancréas, de l’endomètre et de la vésicule biliaire.

 

Les répercussions sociales et psychologiques

obésité psychologiqueL’obésité est difficile à vivre, que ce soit physiquement, socialement et psychologiquement. En plus de la gêne pour effectuer les gestes du quotidien, les personnes obèses sont parfois sujettes à une discrimination au sein de la société, notamment dans le domaine de l’emploi. Elles peuvent alors ressentir un mal être, du stress et développer une dépression, ce qui aggrave leurs troubles du comportement alimentaire. C’est donc un véritable cercle vicieux.

 



Comment retrouver son poids « normal » ?


Nous l’avons vu, l’excès de poids peut être à l’origine de nombreuses pathologies. Traiter la surcharge pondérale est donc essentiel pour lever les menaces sur la santé.

Et l’avantage avec le surpoids et l’obésité, c’est que rien n’est définitif ! Dans la plupart des cas, leur principale cause est un déséquilibre énergétique entre les calories consommées et dépensées. Il faut donc commencer par essayer de rétablir cet équilibre. Comment ? C’est mathématique : les dépenses énergétiques doivent être plus importantes que les apports. Ainsi, c’est en ayant une activité physique régulière et une bonne alimentation que vous trouverez votre poids idéal et réduirez les risques pour votre santé.

 

Adoptez les bons comportements alimentaires

On ne le répétera jamais assez : avoir une alimentation variée et équilibrée, c’est-à-dire manger de tout mais en quantités adaptées, contribue fortement au bon fonctionnement de l’organisme.


alimentation obésité

 

Mais comment faire ? Tout d’abord, il est important de consommer des fruits et légumes en grande quantité. Riches en fibres, vitamines, minéraux et antioxydants, ils ont un rôle protecteur dans la prévention de l’obésité, ainsi que des cancers, des maladies cardiovasculaires et du diabète. Selon l’OMS, jusqu’à 1,7 millions de vies pourraient être épargnées chaque année moyennant une consommation suffisante de fruits et légumes.

Ensuite, il faut veiller à limiter sa consommation de graisse. Il en existe en fait deux sortes: les acides gras saturés et les acides gras insaturés. Les premiers sont généralement appelées « mauvaisesgraisse graisses » car elles contribuent à l’obésité et augmentent le taux de mauvais cholestérol, avec un risque de troubles cardio-vasculaires. On les retrouve principalement dans les produits laitiers, certaines viandes, la charcuterie, les chips, les viennoiseries, le beurre ou l'huile de palme. Les seconds, appelés aussi « bonnes graisses », sont présents dans les noix, les huiles végétales et les poissons gras. Elles sont essentielles au bon fonctionnement de notre organisme et peuvent conduire à une diminution de la pression artérielle, de triglycérides, de maladies cardiovasculaires et de cancer.

Sachez donc choisir vos graisses…De manière générale, préférez les modes de cuisson nécessitant peu de matières grasses.

Limitez également le sel : les aliments que nous consommons contiennent déjà du sel, inutile donc de saler davantage vos repas. Selon une étude[13] américaine, des apports alimentaires trop élevés en sel sont à l’origine de 2,3 millions de décès cardiaques par an dans le monde…

gateauxQuant au sucre, consommez-en aussi avec modération car il est calorique et, en excès, il peut participer à la prise de poids et au développement d’un diabète. Une étude[14] récente a même montré que les boissons sucrées étaient responsables de 180 000 décès par an dans le monde !

Evitez cependant de compenser avec des produits allégés en sucre… Les industriels vantent leurs mérites en prétendant qu’ils peuvent aider à perdre du poids, ou tout du moins, ne pas en prendre…

Mais, le problème, c’est que dans ces produits, le sucre est remplacé par des édulcorants artificiels, tels que l’aspartame. Celui-ci est accusé d’entrainer des accouchements prématurés et a été mis en cause dans le développement du cancer du foie et du poumon.

Récemment, une étude[15] de l’INSERM a même montré que les boissons "light" seraient associées à un risque plus élevé de développer un diabète de type 2 : il est supérieur de 15 % pour une consommation de 0,5 litre par semaine, et supérieur de 59 % pour 1,5 litre par semaine. Inutile donc de manger des produits light pour vous déculpabiliser ! Cliquez ici pour en savoir plus !

Et les aliments allégés en matière grasse ? Ils peuvent constituer un bon moyen de limiter ses apports en matières grasses, mais cette solution ne permet pas pour autant d’en consommer plus, sous prétexte que ces produits sont allégés. Par exemple, environ 20 g de beurre allégé apportent la même quantité de graisses que 10 g de beurre classique. Attention, la mention « allégé en matières grasses » ne signifie pas zéro matière grasse mais fait référence à une réduction des graisses de 30% par rapport à un produit standard…

 

Faites du sport !

Tout le monde le sait, faire du sport est une arme redoutable pour perdre du poids ou le stabiliser. Il permet d’éliminer l’énergie consommée par les aliments. La pratique quotidienne d’une activité physique permet de diminuer le risque d’obésité, mais aussi celui des maladies qui y sont liées. C’est aussi une des clés pour booster son moral, lutter contre l’anxiété et la dépression et améliorer la qualité du sommeil.

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Il est recommandé de se référer au repère : « au moins l’équivalent de 30 minutes de marche rapide par jour ». Mais pratiquer une activité physique, ce n’est pas seulement marcher, cela peut aussi être jardiner, danser, bricoler, jouer, etc.

Si vous voulez pratiquer des sports plus intenses, pensez à la course à pied, au vélo, à la natation, au tennis, et tous les sports collectifs (football, volley-ball, rugby, handball, etc.). Peu importe l’activité physique, l’important, c’est de la pratiquer régulièrement.

A l’inverse, les activités très sédentaires sont à éviter (TV, ordinateur, jeux vidéo). Non seulement l’activité physique est proche de zéro pendant ces activités, mais en plus, elles s’accompagnent souvent de grignotages d’aliments dont la consommation est à limiter (chips, gâteaux, boissons sucrées…).

Pour en savoir plus vous pouvez vous rendre sur le site du Programme National Nutrition Santé : Manger Bouger.

 

Gare aux régimes amaigrissants

Beaucoup de personnes pensent que faire un régime amaigrissant tels que le régime Dukan, Atkins, Cohen ou encore Montignac, peut changer leur vie. Mais ces régimes très à la mode qui nous promettent de perdre du poids sans jamais en reprendre peuvent se révéler très dangereux pour la santé. En novembre 2010, l’Anses a publié un rapport[16] d’expertise pour évaluer les risques liés aux pratiques alimentaires d'amaigrissement. Au total, 15 régimes « tendance » ont été passés au crible. Parmi eux, il y a le régime du Dr Atkins, le régime Californien, le régime de la Chrononutrition, le régime du Dr Cohen, le régime Dukan, la diet « soupe au chou », etc.

régime2L'analyse nutritionnelle des 15 régimes sélectionnés a montré des déséquilibres nutritionnels parfois importants, avec en particulier :

- Des apports en protéines supérieurs à l'apport nutritionnel conseillé (ANC) dans 80 % des cas.

- Des apports en lipides (graisses) supérieurs à l'ANC dans 50 % des cas (40% sont en-dessous) ;

- Des apports en fibres inférieurs à l'ANC dans 74 % des cas (parfois 10 fois moindres) ;

- Des besoins en fer non couverts dans 61 % des cas ;

- Des apports en sel supérieurs à la limite recommandée par l'Organisation Mondiale de la Santé (5g par jour) dans 58 % des cas ;

- Des apports en vitamine D, indispensables à la constitution de la masse osseuse, insuffisants dans 77 % des cas.

Cette analyse a mis en évidence des effets néfastes sur le fonctionnement du corps, et notamment pour les os (une diminution en moyenne de 1 à 2 % de la densité minérale osseuse est observée pour une perte de poids de 10 %), le cœur et les reins, ainsi que des perturbations psychologiques, notamment des troubles du comportement alimentaire. La pratique des régimes peut également provoquer des modifications profondes du métabolisme énergétique du corps. Autre impact de ce type de régime : la reprise de poids, qui concerne 80 % des personnes ayant fait un régime après un an. Ce phénomène est dû aux privations et exclusions pratiquées quel que soit le régime.

Pour en savoir plus sur les dangers des régimes amaigrissants, consultez notre article en cliquant ici !

 

L’obésité peut jouer un rôle dans le développement de certaines pathologies dont les conséquences peuvent être très graves, d’autant plus si d’autres facteurs de risques interviennent comme le tabagisme ou l’abus d’alcool. Pourtant, si vous devez perdre du poids, ne tombez pas dans le piège des « régimes miracles ». Seule une alimentation équilibrée et variée, accompagnée d’une activité physique régulière vous permettra de trouver votre poids idéal et pour longtemps ! Vous pouvez également consulter un diététicien ou un nutritionniste qui vous donnera des conseils personnalisés pour une perte de poids efficace…


Références bibliographiques :

[1] Études et résultats - N° 737 - La santé des enfants en grande section de maternelle en 2005-2006, septembre 2010.

[2] Wen LM, Merom D, Rissel C, Simpson JM. Weight status, modes of travel to school and screen time: a cross-sectional survey of children aged 10-13 years in Sydney. 2010 Apr;21(1):57-63.

[3] P. Froguel, P. Sérog et F. Papillon, « La planète obèse » - Edition du Nil, Paris, 2001.

[4] INSERM / KANTAR HEALTH / ROCHE, Enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l'obésité, octobre 2012.

[5] HAS (Haute Autorité de Santé), Surpoids et obésité : repérer plus tôt et mieux prendre en charge, Communiqué de presse, 6 octobre 2011.

[6] Schmidt M, Johannesdottir SA, Lemeshow S, Lash TL, Ulrichsen SP, Bøtker HE, Toft Sørensen H., Obesity in young men,and individual and combined risks of type 2 diabetes, cardiovascular morbidity and deathbefore 55 years of age: a Danish 33-year follow-up study. BMJ Open. 2013 Apr 29;3(4).

[7] Iribarren C, Darbinian JA, Lo JC, Fireman BH, Go AS., Value of the sagittal abdominal diameter in coronary heart disease risk assessment: cohort study in a large, multiethnic population, Am J Epidemiol. 2006 Dec 15;164(12):1150-9.

[8] Stephen P. Messier, David J. Gutekunst, Cralen Davis, Paul DeVita, Weight Loss Reduces Knee-Joint Loads in Overweight and Obese Older Adults With Knee Osteoarthritis, ARTHRITIS & RHEUMATISM, Vol. 52, No. 7, July 2005, pp 2026–2032.

[9] Institut National du cancer, Surpoids, Obésité et risques de cancers, Etats des connaissances au 1er janvier 2013.

[10] Reeves GK, Pirie K, Beral V, Green J, Spencer E, Bull D. Cancer incidence and mortality in relation to body mass index in the Million Women Study: cohort study. BMJ (Clinical research ed. 2007 Dec 1;335(7630):1134.

[11] Ning Y, Wang L, Giovannucci EL. A quantitative analysis of body mass index and colorectal cancer: findings from 56 observational studies. Obes Rev. 2010 Jan;11(1):19-30.

[12] Huffman DM, Augenlicht LH, Zhang X, Lofrese JJ, Atzmon G, Chamberland JP, Mantzoros CS., Abdominal Obesity, Independent from Caloric Intake, Accounts for the Development of Intestinal Tumors inApc1638N/+ Female Mice., Cancer Prev Res (Phila). 2013 Mar;6(3):177-87.

[13] American Heart Association, Eating too much salt led to 2.3 million heart-related deaths worldwide in 2010, 21-Mar-2013.

[14] American Heart Association, 180,000 deaths worldwide may be associated with sugary soft drinks, 19-Mar-2013.

[15] Fagherazzi G, Vilier A, Saes Sartorelli D, Lajous M, Balkau B, Clavel-Chapelon F., Consumption of artificially and sugar-sweetened beverages and incident type 2 diabetes in the Etude Epidemiologique aupres des femmes de la Mutuelle Generale de l'Education Nationale-European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition cohort. Am J Clin Nutr. 2013 Jan 30.

[16] Anses, Évaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement, Rapport d’expertise collective, Novembre 2010.

[17] Jared P. Reis, Catherine M. Loria, Cora E. Lewis, Tiffany M. Powell-Wiley, Gina S. Wei, J. Jeffrey Carr, James G. Terry, Kiang Liu, Association Between Duration of Overall and Abdominal Obesity Beginning in Young Adulthood and Coronary Artery Calcification in Middle Age, JAMA. 2013

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