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Chez les asthmatiques, la consommation de charcuterie serait à éviter !

Écrit par M.Provost Créé le jeudi 16 février 2017 00:00

On savait déjà les caractères obésogènes et cancerogènes d’une alimentation riche en viande et en charcuterie, désormais on s’aperçoit également des effets sur la respiration. C'est la découverte de chercheurs de l’Inserm, qu'ils relatent dans la revue Thorax : le fait de manger de la charcuterie 4 fois par semaine serait associé à une aggravation directe des symptômes de la maladie respiratoire[1].

 

Asthme et charcuterie : un duo perdant ! 

« Concernant l'asthme, deux hypothèses existent pour expliquer la nocivité de la viande transformée, indique Zhen Li, principale auteure de l'étude. Soit sa concentration en nitrites, utilisés comme conservateurs, qui induisent un "stress nitrosant" provoquant des dommages pulmonaires ; soit le fait qu'elle induit une inflammation de tout l'organisme, l'asthme étant une maladie inflammatoire » [2]. Le risque viendrait donc d’une part des nitrites et les nitrates, d’autre part du caractère pro-inflammatoire et acidifiant de la charcuterie.

Pour rappel, en octobre, le centre cancer de l'Organisation mondiale de la santé (Circ/Iarc) avait classé la viande transformée, essentiellement la charcuterie, dans la catégorie des agents « cancérogènes pour l'homme », ce qui avait suscité une levée de boucliers chez les professionnels de la viande. Pourtant, selon les estimations récentes du Global Burden of Disease Project, 34 000 décès par cancer par an seraient imputables à une alimentation riche en viande, charcuteries en tête ! Suite à la révélation de cette étude, le ministre français de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait plaidé pour une consommation raisonnable : "Au-delà d'un certain niveau de consommation, on peut avoir un cancer. On le savait déjà. On peut et on doit consommer de la viande, mais on doit le faire de manière raisonnable", rapporte 20 Minutes [3]. On continue pourtant à se souhaiter bon appétit avant chaque repas (surtout lorsqu’il est bien copieux, une bonne raclette par exemple)… alors qu’on ferait mieux de se souhaiter bonne chance, comme dit si bien Pierre Rabhi.

 

Des mauvaises habitudes à oublier...

Cette problématique nous ramène à l’origine du lien entre alimentation et santé : une surconsommation de protéines de mauvaise qualité (protéines dénaturées, cuisson, manque de crudités), ainsi qu’un déséquilibre général de la diète moderne (hypovitaminose, déficit en minéraux) associé à une toxémie généralisée due aux diverses formes de pollution, chimiques et radiantes (dysfonctionnements des organelles : mitochondries, diminution du métabolisme des graisses, auto-intoxication).

Les mêmes conseils s’appliquent donc pour prévenir de l’incidence des phénomènes asthmatiques et allergiques liés à l’environnement et à l’alimentation. Voilà pourquoi les professionnels de la santé usent et abusent de recommandations simples et efficaces : limiter les viandes et les sucreries, manger chaque jour beaucoup de fruits et légumes de saison, frais et si possible biologiques.

 
Pierric Massuy, Infirmier et Bénévole de l'ASEF. 
 

Références bibliographiques :

[1] Communiqué de l’Inserm, Salle de Presse, Charcuterie et asthme : meilleurs ennemis ?, http://presse.inserm.fr/charcuterie-et-asthme-meilleurs-ennemis/27201/.

[2]  Accumulation dans l’organisme des déchets du métabolisme azoté, en particulier les nitrates, ou peroxynitrites (NO3-) et l’ammonium, ou mono-ammonium-urate (NH4+).

[3]  20 Minutes, Viande et cancer: Stéphane Le Foll met en garde contre toute "panique", publié le 26/10/15

 

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter nos synthèses scientifiques sur l'alimentation

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