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Le BPA, sans danger d’après l’Europe

Écrit par J.Maherou Créé le jeudi 22 janvier 2015 13:46

Alors qu’il est interdit dans les contenants alimentaires depuis le début de l’année, l’autorité européenne de la sécurité des aliments vient de déclarer que le BPA est sans danger. N’y a-t-il pas là quelque chose d’étrange ? Découvrons ses arguments…

 

Le BPA est une substance utilisée dans la fabrication d’objet en plastique, mais aussi dans les tickets de caisse. C’est un perturbateur endocrinien qui agit sur les récepteurs des œstrogènes et de nombreuses études l’ont mis en cause dans les troubles de la reproduction, l’obésité, et même le diabète. C’est pourquoi, depuis le 1er janvier 2015, il est interdit dans tous les contenants alimentaires, d’autant plus qu’il est capable de migrer des contenants alimentaires vers la nourriture ou les boissons avec lesquels il est en contact. Une interdiction qui traduit la toxicité avérée de cette substance.

Pourtant, à la surprise générale, l’EFSA (Autorité européenne de la sécurité des aliments) vient de tout remettre en question en publiant un rapport qui conclut qu’aux niveaux actuels d’exposition, le BPA ne présente pas de risque pour la santé des consommateurs de tous les groupes d'âge (enfants, bébés, adolescents). Par ailleurs, elle estime que l'exposition provenant d'une combinaison de sources diverses (alimentation, poussière, cosmétiques et papier thermique) est trois à cinq fois inférieures à la DJT (Doses Journalière Tolérable), qui est de 4 microgrammes (µg) par kilo de poids corporel et par jour, donc sans danger. Un argument qui n’est pas vraiment recevable puisque le BPA, comme tout perturbateur endocrinien agit même (encore plus parfois) à faibles doses. D’ailleurs, Jean-Nicolas Ormsby, directeur adjoint de la direction des évaluations des risques à l'Anses, est très surpris par cette DJT recommandée par l’EFSA car le risque de développer un cancer du sein à l'âge adulte existe pour une dose de 0,0025 µg/kg/jour. Pour René Habert, chercheur à l’Inserm ayant démontré la toxicité du BPA, l’EFSA démolissent les études avec des arguments qui ne sont pas convaincants.

Ce rapport va à l’encontre de nombreuses études, et surtout du rapport que l’Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire) a publié en 2013 dans lequel elle estimait que cette substance constituait un danger pour les femmes enceintes, et surtout pour le bébé. Il mettait en avant les risques accrus de maladies et troubles pouvant apparaître à l’âge adulte mais aussi dès l'enfance comme le cancer du sein, le diabète, l’obésité ou encore la baisse de la fertilité. Alors pourquoi l’EFSA est-elle arrivée à ces conclusions ? La Ministre de l’écologie, Ségolène Royal, a également été très surprise de cet avis et va demander une expertise pour voir si le poids des lobbies n'est pas intervenu dans cette publication.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter nos synthèses scientifiques sur l'alimentation

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