Selon le Fonds des Nations unies pour l'alimentation (FAO), dans le monde, environ 1,3 milliard de tonnes de nourriture sont gaspillées chaque année, soit un tiers des aliments produits !! Un rapport plus pessimiste de l'Institution of Mechanical Engineers (IME) estime même que la moitié de la nourriture produite dans le monde est jetée au lieu d’être consommée. Le gaspillage alimentaire concerne chaque maillon de la chaine alimentaire : le cycle de production du produits, la grande distribution, la restauration, les ménages...
Fruits, yaourts, viandes, fromages, œufs, pains, légumes, pâtisseries … beaucoup d’entre nous réagissent de la même façon une fois la date de péremption de ces produits passée : on jette. En moyenne, chaque Français jette 20 kg de déchets alimentaires chaque année, dont 7 kg de produits non consommés encore emballés ! Cela correspond à 400 à 500 euros par foyers. Ce gaspillage, le gouvernement français veut le diviser par deux d'ici 2025.
Mais les Français ne sont pas les seuls à gaspiller : nos voisins belges jettent l’équivalent de 174 euros de nourriture à la poubelle chaque année, et les Britanniques seraient les champions puisqu’ils jettent entre 30 % à 40 % de toutes les denrées achetées ou cultivées chaque année.
En 2011, un rapport de la FAO (Food and Agriculture Organization), chiffrait à près de 300 kg par personne la quantité de nourriture perdue ou gaspillée en Europe et en Amérique du Nord, soit deux fois plus que dans des régions en voie de développement comme l'Afrique sub-saharienne et l'Asie du sud-est. Lire le rapport.
Face à ce constat alarmant, le Parlement Européen a adopté, le 19 janvier 2012, une résolution demandant des mesures urgentes pour réduire de moitié le gaspillage alimentaire d'ici à 2025. Parmi les mesures proposées : déclarer 2014 "année européenne de lutte contre le gaspillage alimentaire", réaliser des campagnes de sensibilisation auprès des écoliers, améliorer les étiquetages et emballages et en particulier l'information sur les températures de réfrigération, promouvoir les produits locaux et la redistribution des invendus aux personnes démunies.
Qui gaspille le plus ?
Face au manque de données dans la répartition du gaspillage entre les différents acteurs de notre alimentation, le Ministère de l’alimentation a réalisé une étude sur le gaspillage alimentaire en restauration collective, commerciale et dans la distribution. Les résultats, parus en janvier 2012, sont étonnants : les restaurants traditionnels et gastronomiques sont les plus gros gaspilleurs, avec 230 g de denrées gaspillées par personne et par repas, beaucoup plus que les cantines.
En cause : la difficulté à estimer les commandes en amont et à gérer les stocks, les minima de commandes imposés par certains fournisseurs, les règles strictes de sécurité sanitaire et la manière de cuisiner (déchets).
Arrive ensuite la restauration collective avec 167 g de pertes par repas et par personne. Cela inclus notamment les établissements de santé et médico-sociaux qui sont confrontés à des difficultés particulières : grande variété des profils nutritionnels à satisfaire, peu de temps pour se restaurer et difficultés des patients pour se nourrir.
Côté restauration scolaire, les meilleurs élèves sont les écoles primaires. Au collège et au lycée, on surévalue souvent les quantités à préparer, et on peine à satisfaire des convives aux préférences variées et qui manquent souvent de temps pour déjeuner.
Enfin, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les restaurants d’entreprise gaspillent peu (125g par personne et par repas).
Pour en savoir plus sur cette étude, téléchargez le rapport final du Ministère de l’alimentation.
Pour réduire le gaspillage alimentaire, il est nécessaire de commencer par bien connaître les causes précises.
Les causes du gaspillage alimentaire
Notre société ayant évolué, notre rythme de vie et notre alimentation ont changé depuis quelques décennies. Plus pressé et
moins attentif, le consommateur interprète souvent mal les dates de consommation et ne se préoccupe pas de l’organisation de son réfrigérateur. Mais le consommateur n’est pas le seul fautif. Les campagnes promotionnelles des grandes surfaces sont souvent attractives mais le consommateur n’évalue pas bien si elles sont adaptées à sa consommation personnelle.
Enfin, comme l’a montré l’étude du ministère de l’alimentation, la restauration collective a sa part de responsabilité car elle ne prend pas assez en compte les besoins de ses utilisateurs. Trop pleines, les assiettes des cantines finissent régulièrement au fond de la poubelle ! La qualité des plats peut aussi être remise en question… Si les sociétés de restauration collectives fournissaient des plats de meilleurs qualités peut être ne finiraient-ils pas au fond de nos poubelles ?
Les conséquences du gaspillage alimentaire
En plus d’avoir un impact sur le budget des ménages, le gaspillage engendre aussi des problématiques sanitaires, sociales et environnementales. Pour les élus européens, la lutte contre le gaspillage alimentaire est un impératif économique et environnemental car les montagnes de nourriture non consommée contribuent fortement au réchauffement climatique.
Des solutions pour lutter contre le gaspillage alimentaire
Pour éviter le gaspillage alimentaire et réduire les déchets, voici quelques gestes simples à adopter :
· Acheter des quantités adaptées,
· Examiner les dates de péremption,
· Respecter la chaîne du froid, ranger logiquement les aliments au réfrigérateur et le nettoyer régulièrement,
· Cuisiner les restes,
· Pratiquer le compost,
· Préférer les fruits et les légumes de saisons …
Mais la lutte contre le gaspillage passe aussi par une sensibilisation accrue des différents acteurs de la chaine alimentaire : incitation à donner aux associations caritatives, adapter les portions aux besoins des consommateurs, informer les gens sur les bonnes pratiques...
Les mesures prévues par le gouvernement
En octobre 2012, Guillaume Garot, le ministre délégué à l'Agroalimentaire a présenté les 4 principales mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le gaspillage alimentaire. L’objectif est de limiter par 2 le gaspillage alimentaire d’ici 2025. Le plan comprend cinq actions destinées à "enclencher une dynamique" auprès de l’ensemble de la chaine alimentaire (de la grande distribution, des industriels, des associations et des consommateurs) :
- Gérer la quantité. La vente des produits à l'unité sur les produits d'entrée de gamme fera son arrivée sur les étals de Monoprix. D'autres enseignes ont déjà lancé ce type d'initiatives, à l'instar d'Auchan qui a mis en place l'achat en vrac des denrées ou la vente de portions de viande individuelles.
- Mise en place de la vente promotionnelle différée. Lorsqu’un client achètera trois lots pour le prix de deux, il récupérera son troisième lot plus tard pour qu'il ne périme pas dans son réfrigérateur. Monoprix, Système U ou Casino sont engagés dans ce plan pour y participer d'une façon ou d'une autre.
- Récupérer les invendus et en faire bénéficier les associations d'aide alimentaire. Sept grands marchés d'intérêt national (MIN), dont celui de Rungis, ont signé des contrats pour faciliter la récupération des invendus par les associations. L'opération sera généralisée aux 22 MIN en 2013.
- Sensibiliser : Un site internet est lancé pour véhiculer les bonnes pratiques auprès des Français, cliquez ici pour le consulter. Il sera complété, en décembre par une plate-forme intitulée "Le magasin" qui mettra en contact ceux qui donnent et ceux qui reçoivent. En janvier, une grande campagne de sensibilisation misant sur l'humour démarrera. Ces actions seront mises en place avant la signature d'un pacte national anti-gaspillage en juin.
Les résultats de ces actions seront examinés au printemps et en juin, le ministère proposera "un pacte national contre le gaspillage".
Enfin, il est important de souligner qu’un tiers des aliments produits sont gaspillées alors qu’en Europe, 79 millions de citoyens vivent au-dessous du seuil de pauvreté et que 16 millions dépendent de l'aide alimentaire d'œuvres de charité.
Dites stop au gasipllage alimentaire et participez à une belle initiative en cliquant ici !
Pour aller plus loin, consultez notre synthèse : "La santé est dans l'assiette" en cliquant ici !