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Le mercure dentaire est-il toxique pour la santé ?

Écrit par Jennifer Maherou Créé le jeudi 3 novembre 2011 13:06

dents

Du 31 octobre au 4 novembre 2011, le Comité Intergouvernemental de Négociation se réunit en Nairobi (Kenya) sous l’égide de l’ONU pour discuter d’un plan de lutte pour la réduction de la pollution au mercure. A cette occasion, l’Association Non au mercure dentaire, le Réseau environnement santé (RES) et l’Association toxicologie-chimie ont voulu alerter le public sur les effets toxiques des amalgames dentaires.

Depuis 170 ans, les dentistes soignent les caries par un plombage. Il s’agit en fait d’un amalgame dentaire contenant 50% de mercure associé à de l’étain ou de l’argent. On trouve du mercure dans 70 % des plombages de molaires ou prémolaires en France et chaque année, 17 tonnes sont mises en place dans les bouches des Français.

L’exposition s’effectue par inhalation des vapeurs de mercure et, selon ces associations, les amalgames dentaires font courir des risques graves à la santé, notamment pour les enfants et les femmes enceintes.

André Picot, toxicochimiste, affirme que le mercure est un produit CMR (cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction). L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) avait d’ailleurs demandé à la Commission Européenne de classer le mercure en tant que CMR en mars 2006.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en s’accumulant toute la vie dans le cerveau et les glandes endocrines, le mercure pourrait avoir des effets toxiques sur les systèmes nerveux, digestif et immunitaire. Dans un rapport d’octobre 2011, l’OMS a ainsi appelé à l’utilisation de matériaux alternatifs pour les plombages.

Pour plus d’informations sur la toxicité du mercure, consulter le site internet de l’Association Non au mercure dentaire.

Cependant, Roland L'Herron, président de la confédération nationale des syndicats dentaires, affirme qu’il n’y a pas de preuves scientifiques de la dangerosité des amalgames dentaires et qu’aucune trace de mercure n’est retrouvé dans le sang ou dans l’urine.

La France est le seul pays qui s’est officiellement opposé à l’arrêt des amalgames dans l’Union européenne alors le Plan national santé-environnement (PNSE) prévoit la réduction de l’exposition au mercure de la population de 30 % d’ici à 2013.

Le Conseil de l'Europe a adopté en mai 2011 une résolution invitant à la restriction, voire l'interdiction des amalgames comme matériaux d'obturation dentaire. La Norvège, la Suède et le Danemark ont d’ailleurs interdit l'amalgame dentaire dans les cabinets.

Les associations demandent aux autorités françaises de prendre en compte la littérature scientifique sur ce sujet mais aussi la position des autres pays favorable au remplacement des amalgames.

Ces ONG considèrent que les produits de remplacement, à base de verre dit ionomère, ont fait leurs preuves: ils permettent d'enlever moins de dent, sont aussi bien remboursés que les amalgames, pour une longévité au moins identique.

L’Anses a engagé un travail sur les recommandations relatives aux amalgames dentaires. Cette étude, qui sera publiée début 2012 permettra d’y voir un peu plus clair sur ce sujet.

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