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«Roundup»: le désherbant dont il vaut mieux se passer !

Écrit par L. Ferrer Créé le mercredi 6 juillet 2011 09:21

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Commercialisé par la firme Monsanto, le «Roundup» est l’herbicide le plus vendu au monde. Son principe actif: le glyphosate est un herbicide qui s'attaque directement au cœur des plantes, et reste ainsi à l'intérieur des récoltes traitées. Selon l’Ademe, 15 000 tonnes de ce produit seraient utilisées chaque année en France. Seulement voilà, il s’avérerait particulièrement toxique pour l’homme....et la femme surtout lorsqu'elle est enceinte. Mais pourquoi est-ce qu'on ne l'aime pas comme ça? Explications.

L'impact du "Round-Up" sur la santé

Plusieurs études scientifiques ont déjà permis de montrer à quels risques les agriculteurs s’exposaient, mais on mesure encore mal l’effet de l’utilisation des pesticides et herbicides chez ceux qu’on nomme «les jardiniers du dimanche». Cependant, on peut supposer que les risques ne sont pas moindres. En effet, environ un tiers d’entre eux utilisent des désherbants… La contamination peut se faire au moment de l’application du produit par inhalation (pulvérisation), par ingestion, ou par contact cutané. Elle peut également se faire de façon continue lorsque le jardinier, ses enfants ou petits-enfants, s’assoient dans le jardin, mangent les fruits et légumes qui en sont issus, etc.

L'effet du "Roundup" sur les femmes enceintes

En 2009, une étude réalisée par l’équipe du professeur Gilles-Eric Séralini[1] a démontré que la toxicité du glyphosate était rendu mille fois plus importante dans le produit commercialisé en raison de l’excipient utilisé. Publiée dans la revue scientifique américaine de renom «Chemical Research in Toxicology», cette étude a démontré les mécanismes de la toxicité de quatre différentes formulations de « Roundup » sur des cellules humaines.L’herbicide provoque notamment la mort des cellules du placenta. Il détruit les cellules embryonnaires humaines et on observe des perturbations des hormones sexuelles à des doses considérées comme non toxiques.En effet, l’étude montre que ces formulations de « Roundup » agissent à des doses infinitésimales (diluées jusqu'à 100 000 fois ou plus) et qu’elles programment la mort cellulaire en quelques heures, ainsi que des dommages des membranes et de l'ADN. Différents types de cellules humaines ont été étudiées : des cellules de nouveau-né fraîchement issues de cordon ombilical, ou de lignées moins sensibles spécialement utilisées pour mesurer la toxicité des polluants.

L’étude montre également que le mélange de différents constituants adjuvants, tels que le POEA (polyethoxylated tallowamine), des «Roundup» amplifie l'action du principe actif de l'herbicide, le glyphosate; et qu’un de ses produits de transformation (l’AMPA) peut être encore plus toxique. Cela est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle qui ne tient pas compte de ces phénomènes et fixe par exemple des limites maximales en résidus pour le glyphosate, quelle que soit sa formulation de vente.

Le Pr Gilles-Eric Séralini a apporté de nouvelles preuves sur les impacts de l'herbicide Roundup sur le système endocrinien en menant une étude[7] publiée en décembre 2011. Cette étude a démontré que le glyphosate induirait des nécroses et l'apoptose sur des cellules testiculaires de rats à des doses comprises entre 50 et 10000 ppm. De plus, les chercheurs ont montré qu’à très faibles doses (1ppm), le glyphosate entrainait des perturbations hormonales des cellules testiculaires induisant des perturbations de la reproduction et du nombre de spermatozoïdes. Selon cette étude, ces effets se traduisent par une baisse de 35% de la fertilité.

Un phénomène similaire chez les agriculteurs

En 2000, une étude épidémiologique conduite dans l'Ontario et portant sur des populations d'agriculteurs a montré que l'exposition de ceux-ci (que ce soit le père ou la mère) au glyphosate avait presque doublé le risque des avortements spontanés tardifs[2]!

D'autres effets....

Trois études de cas récentes ont suggéré une association entre l'utilisation de glyphosate et le risque du lymphome non-hodgkinien[3]Une étude épidémiologique menée dans les états de l'Iowa et de la Caroline du Nord, aux Etats-Unis, sur 54 315 utilisateurs privés et applicateurs professionnels de pesticides, suggère un lien entre l'utilisation de glyphosate et le myélome multiple[4]. Mais ça n'est pas tout! En 2004, une étude[5] a prouvé que le glyphosate avait endommagé le foie de rats exposés, comme indiqué par la dispersion des enzymes intracellulaires dans cet organe. Dans cette étude, le glyphosate et son agent tensioactif contenu dans la spécialité «Roundup» se sont également avérés agir en synergie pour augmenter les dommages au niveau du foie. En 2005, une étude[6] a montré que la transcription a été inhibée et le développement embryonnaire a été retardé chez des oursins après une exposition à de faibles concentrations de l'herbicide et/ou de l'agent tensioactif, le polyoxyéthylèneamine et que ce pesticide doit être considéré comme pouvant présenter un risque pour la santé par inhalation lors d'une application par pulvérisation.

Exemple de quelques adjuvants des formulations à base de glyphosate et de leur toxicité

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Références bibliographiques

[1] Glyphosate formulations induce apoptosis and necrosis in human umbilical, embryonic, and placental cells. Benachour N, Séralini GE. Chem Res Toxicol. 2009 Jan;22(1):97-105

[2] Savitz DA, Arbuckle , Kaczor D, Curtis KM. Male pesticide exposure and pregnancy outcome. Am J Epidemiol 2000, 146, 1025-36.

[3] *De Roos AH, Zahm SH, Cantor KP, et al. Integrative assessment of multiple pesticides as risk factors for nonHodgkin's lymphoma among men. Occup Environ Med 2003, 60, E11

*Hardell L, Eriksson M, Nordstrom M. Exposure to pesticides as risk factor for non-Hodgkin's lymphoma and hairy cell leukemia: pooled analysis of two Swedish case-control studies. Leuk Lymphoma 2002, 43,1043–1049.

*McDuffie HH, Pahwa P, McLaughlin JR, Spinelli JJ, Fincham S, Dosman JA, et al . 2001. Non-Hodgkin's lymphoma and specific pesticide exposures in men: cross-Canada study of pesticides and health. 2001, Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2001,10,1155–63.

[4] De Roos AJ, Blair A, Rusiecki JA, Hoppin JA, Svec M, Dosemeci M, Sandler DP and Alavanja MC. Cancer incidence among glyphosate-exposed pesticide applicators in the agricultural health study. Environ Health Perspect 2005, 113, 49-54.10

[5] Benedetti AL, de Lourdes Vituri C, Trentin AG, Dominguesc MAC and Alvarez-Silva M. The effects of subchronic exposure of Wistar rats to the herbicide Glyphosate-Biocarb. Toxicology Letters 2004, 153, 227–32.

[6] Marc J, Le Breton M, CormierP, Morales J, Belle´R and Mulner-Lorillo O. A glyphosate-based pesticide impinges on transcription. Toxicology and Applied Pharmacology 2005, 203, 1-8

[7] Clair, É., et al. A glyphosate-based herbicide induces necrosis and apoptosis in mature rat testicular cells in vitro, and testosterone decrease at lower levels. Toxicol. in Vitro (2012), doi:10.1016/j.tiv.2011.12.009

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter nos synthèses scientifiques sur le jardin

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