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Etude : les nanoparticules responsables de l’anorexie des poissons

Écrit par Jennifer Maherou Créé le vendredi 2 mars 2012 16:10

poissons_anorexiquesLes nanoparticules désignent tous les objets dont la taille est inférieure à 100 nm (nanomètres). Elles représentent un secteur technologique en forte augmentation dont les applications deviennent de plus en plus nombreuses (microélectronique, revêtements, textiles, articles de sports, cosmétiques, applications pharmaceutiques, applications agroalimentaires…). Mais de nombreuses études ont révélé que les nanoparticules pouvaient représenter un risque pour la santé. En effet, leur petite taille facilite leur passage à travers les cellules de l’organisme puis vers la circulation sanguine et les organes internes.

Une étude suèdoise publiée en février 2012 est venue apporter une nouvelle preuve de la toxicité des nanoparticules. Les chercheurs ont montré qu’elles pouvaient jouer un rôle dans le comportement alimentaire des poissons. Explications...

Méthodes

Les chercheurs ont reconstitué une chaîne alimentaire en laboratoire. Ils ont commencé par cultiver des algues microscopiques dans une eau dont la concentration en nanoparticules de polystyrène est de 0,01 %. Le lendemain, ils y ont introduit des daphnies, des petits crustacés zooplanctoniques se nourrissant exclusivement d’algues. Une fois les algues consommées, les chercheurs ont récupérés les daphnies et les ont lavées pour qu’il ne reste plus que les nanoparticules contenues à l’intérieur des daphnies. Le troisième jour, ces daphnies ont été consommées par des carrassins, appelés plus communément poissons rouges.

shema poissons daphnies

Tous les trois jours, l’expérience a été répétée.

Les chercheurs ont alors comparé le comportement de ces poissons avec celui d’un groupe témoin de poissons dont la nourriture ne comportait pas de nanoparticules.

Résultats

Pour déterminer la façon dont les stocks de graisse sont exploités chez les poissons ayant absorbé des nanoparticules, les scientifiques leur ont donné volontairement peu de nourriture.

En comparant les deux groupes de poissons au bout de 18 jours, les chercheurs ont constaté que le groupe à nanoparticules mettait plus de deux fois plus de temps à se nourrir que le groupe témoin. Aussi, les individus du premier groupe nageaient moins vite, chassaient moins et semblaient comme apathiques.

Comme la nourriture était insuffisante, les poissons du groupe de contrôle maigrissaient et métabolisaient leur graisse pour supporter le jeune. Pour l’autre groupe en revanche, le contraire s’est produit : les poissons avaient grossi au bout de cinq semaines d’expérience.

Ce phénomène serait du aux propriétés spécifiques des nanoparticules. En effet, une fois entrées dans un organisme, les nanoparticules accumulent à leur surface une couronne de protéines. Parmi elles, on retrouve les apolipoprotéines, qui jouent un rôle important dans le traitement des lipides par l'organisme de nombreux animaux (y compris chez les humains).

Cette expérience a été réalisée en laboratoire mais cela se produit aussi dans les milieux naturels : les nanoparticules de nos produits de consommation se retrouvent dans les habitats d’eau douce et marine après un traitement de l’eau non adapté à ces composés.

D’après les auteurs de cette étude, en jouant un rôle dans le comportement alimentaire des poissons, les nanoparticules peuvent aussi modifier l’équilibre de tout un écosystème.


Références de l'étude :

Tommy Cedervall, Lars-Anders Hansson, Mercy Lard, Birgitta Frohm, Sara Linse, Food Chain Transport of Nanoparticles Affects Behaviour and Fat Metabolism in Fish, February 22, 2012

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