Le débrief de l'ASEF du 12 avril 2018

Bonjour,

Cette semaine, nous voudrions commencer par saluer l’action environnementale de Nutergia, qui nous soutient depuis deux ans maintenant. Nutergia, produisant des compléments alimentaires,  vient d’investir dans un nouveau laboratoire. Celui-ci s’intègre dans l’environnement de manière exemplaire tout en étant d’un niveau de très haute technologie. Une fierté pour l’Aveyron, département dans lequel est implantée l’entreprise, mais aussi pour la France entière !

Pour rappel, vendredi dernier, le Docteur Jean Lefèvre animait une conférence sur les PE à Nice, et comme nous vous l’avions annoncé, les Docteurs Souvet et Lefèvre ont rencontré le Docteur Vipond, membre de l’Association Canadienne des Médecins pour l’Environnement.

Et cette semaine, c’est le Docteur Richard Faitg, anesthésiste et membre actif de l’association, qui nous parle des ondes électromagnétiques.

 

  • Le Dr Lefèvre à Nice

  • De gauche à droite : Jean Lefèvre, Joe Vipond, Pierre Souvet

 

Le focus du Dr Faitg : “Les antennes relais, quels dangers ?”

Les premiers avertissements sur les risques cancérigènes potentiels des radiofréquences émises par les téléphones portables datent du début des années 2000. Pour la première fois était alors publiée une étude montrant que les gens utilisant le téléphone portable avaient un risque accru et significatif de développer une tumeur cérébrale du même côté que celui ou était utilisé le téléphone.

En 2011, suite à de multiples études scientifiques apportant les preuves d’un risque tumoral, l’agence internationale de recherche contre le cancer classait les radiofréquences comme cancérigène possible pour l’homme et les animaux de laboratoire (groupe 2B).

L’ASEF, durant cette même période, publiait une enquête sur « antennes relais et HLM ». Élaborée avec l’aide de l’association Priartem. Le questionnaire que les médecins de l’association faisaient remplir aux habitants avait pour but de donner des indications sur l’état de santé des locataires vivant à proximité de ces antennes relais. Le 21 novembre 2011, l’association publiait les résultats. Acouphènes, troubles du sommeil et de la concentration étaient au rendez-vous*.

L’association demandait alors : « des normes collectives telles qu’il en existe sur l’air ou sur l’eau ! En l’absence d’études figées, demandons-nous à qui doit bénéficier le doute ? Répondons à cette question de façon à ce que demain, nous ne regrettions pas nos actes d’aujourd’hui».

Le temps passe, les antennes prolifèrent mais les scientifiques s’acharnent ! En août 2017, des chercheurs (Aizawl, Inde [1]) ont comparé un groupe exposé de 40 individus en bonne santé, de plus de 18 ans et résidant à proximité d’une station de base (dans un rayon de 80 mètres). Parallèlement, ils ont sélectionné un groupe-témoin de 40 individus en bonne santé comparable en termes d’âge et de genre au groupe exposé mais résidant à au moins 300 mètres d’une station de base, selon un protocole permettant de minimiser les biais et les facteurs confondants.

A partir de prélèvements sanguins (5 marqueurs biologiques dont un marqueur de la génotoxicité), ils ont cherché à connaître l’effet de l’exposition sur le stress oxydatif, ses conséquences métaboliques et les dommages induits sur l’ADN. Malgré ces niveaux très faibles en comparaison des valeurs-limites d’exposition réglementaires, les résultats interpellent :

– La proximité de l’antenne, le nombre d’années d’exposition à l’antenne et le niveau d’exposition (particulièrement >4 mW/m2 soit 1,23V/m) ont un effet statistiquement significatif sur les 5 marqueurs.

– Il existe un cumul d’effet de l’usage à long terme (plus de 5 ans) et régulier (au-delà de 3 heures par jour) du portable lorsqu’il est associé à l’exposition chronique aux rayonnements des antennes sur le marqueur de génotoxicité.

Les auteurs proposent, pour expliquer ces résultats, un mécanisme d’action des radiofréquences basé sur la production de radicaux libres délétères pour les cellules et l’ADN.

Janvier 2018 : l’équipe de l’institut Ramazzini (Bologne, Italie [2]) publie un travail afin d’évaluer les effets cancérigènes des radiofréquences sur les rats Sprague Dawley en reproduisant l’exposition générée par une antenne relais pour les téléphones portables de 1.8 GHz soit l’exposition habituelle. Il s‘agit d’un travail important sur les effets à long terme, il a concerné 2448 animaux.

Cette étude conforte et renforce les résultats de l’étude du NTP [3] nord-Américaine précédemment citée dans ces lignes, portant sur l’exposition aux téléphones portables en montrant une augmentation de l’incidence des tumeurs du même type histologique du cerveau (gliome cérébral) et du cœur (schwannome).

Ces travaux fournissent une nouvelle preuve quant au risque cancérigène des radiofréquences pour les êtres humains. Vivre près d’une antenne relais ou utiliser régulièrement un téléphone mobile endommage l’ADN et peut avoir, à long terme, un effet sanitaire. La persistance d’ADN non réparés entraîne une instabilité génomique qui peut évoluer vers des maladies incluant l’induction de cancer.

– Soucieux de la santé de nos patients et de nos concitoyens ;

– Inquiets du témoignage des enseignants portant sur les baisses de capacités d’écoute et de concentration de leurs élèves ;

– Choqués de la baisse du quotient intellectuel chez les plus jeunes par une utilisation intempestive des écrans ;

Chaque professionnel de santé peut-il rester sans réagir à la multiplication des champs électromagnétiques ? Nous n’échapperons pas au débat, apprenons encore de la science afin de mieux nous y préparer ! Alors, savez-vous ce qu’il vous reste à faire ? Lisez notre mini-guide sur les ondes électromagnétiques et restez informés. En bref, essayez surtout de minimiser votre utilisation du téléphone portable : la déconnexion, cela ne fait de mal à personne !

Sources

[1] Electromagn Biol Med. 2017;36(3):295-305. doi: 10.1080/15368378.2017.1350584. Epub 2017 Aug 4. Impact of radiofrequency radiation on DNA damage and antioxidants in peripheral blood lymphocytes of humans residing in the vicinity of mobile phone base stations.Zothansiama1, Zosangzuali M1, Lalramdinpuii M1, Jagetia GC1.

[2] Falcioni, L., Environmental Research (2018), https://doi.org/10.1016/j.envres.2018.01.037 Un grand merci a priartem pour une mise à disposition des documents.

[3]  https://ntp.niehs.nih.gov/ntp/about_ntp/trpanel/2018/march/tr595peerdraft.pdf https://ntp.niehs.nih.gov/ntp/about_ntp/trpanel/2018/march/tr596peerdraft.pdf

 

Et revenons à l’actu de l’ASEF, alors restez connecté(e) encore un petit instant ! Si vous êtes professionnel de santé, sortez vos agendas ! Le 24 mai à Marseille, le Docteur Jean Lefèvre animera une formation DPC sur “Les perturbateurs endocriniens et sur l’essentiel à connaître pour bien informer les patients”. Le 9 juin toujours à Marseille, c’est le Docteur Souvet, Président de l’ASEF, qui animera une formation sur le même sujet. Pour vous inscrire,vous pouvez contacter l’UREMEC en envoyant un mail à uremec.formation@club.fr.

Et puis n’oubliez-pas, nous vous donnons rendez-vous le 14 juin au stade Vélodrome à Marseille lors du congrès exceptionnel sur les pathologies liées à l’environnement dans le cadre du DPC. Pour vous inscrire, vous pouvez contacter l’agence Kewalé qui s’occupera des formalités administratives en appelant Fabienne au 09 74 77 11 04 ou directement via votre compte www.mondpc.fr, l’action est enregistrée sous le numéro 11341800042.

A jeudi prochain et d’ici là portez-vous bien !

Le club des 11 de l’ASEF